Programme AgriRÉCUP : un début qui augure bien

Depuis le début du mois de mai, les producteurs peuvent laisser leurs sacs de semences et de pesticides vides dans une vingtaine de points de collecte à travers le Québec dans le cadre d’un projet pilote de AgriRÉCUP. Même si la collecte en est encore à ses débuts pour l’édition 2015, elle se déroule très bien avec un taux de réponse qui dépasse les attentes, indique Christine Lajeunesse, directrice générale du programme AgriRÉCUP. « Nous avons rajouté un volet chez les détaillants qui affichaient le plus gros volume de récupération en leur procurant des conteneurs de 20 pieds. Il semblerait qu’ils aient déjà atteint leur pleine capacité, ce qui est une indication que le programme se déroule très bien ».

Pour une 3e année, AgriRÉCUP recueille les sacs de semences vides en papier et en plastique ainsi que les sacs de semences de vrac de 500 kg et 1 000 kg. Les sacs de pesticides de papier, plastique et autres matériaux sont aussi récupérés. Une fois collectés, les sacs sont convertis de façon sécuritaire en énergie selon les normes environnementales. En ce moment, un seul endroit au Québec possède les accréditations nécessaires. C’est à la cimenterie Holcim de Joliette que sont acheminés et incinérés les sacs dont les cendres sont intégrées au ciment.

À sa troisième année d’existence, le projet pilote en est à peaufiner ses méthodes. « On s’assure que les sacs de récupérations sont de la bonne grosseur, que la compagnie de transport est fiable et que l’incinération se déroule bien », ajoute Mme Lajeunesse.

Selon le succès du projet, le programme deviendra permanant. L’an dernier, AgriRÉCUP a recueilli et éliminé dans les normes 29 tonnes de sacs de semences et de pesticides.

Le programme a pris naissance sous l’initiative des semenciers et des manufacturiers qui voulaient assurer un cycle de vie responsable de leurs produits et en respect avec les normes environnementales. Le gouvernement et les municipalités se sont ensuite joints au projet qui a eu un succès immédiat chez les producteurs avec un taux de réponse de 10%, au-delà des 5% habituellement atteints par de tels programmes.

Selon Christine Lajeunesse, AgriRÉCUP remporte du succès auprès des producteurs parce qu’il leur fourni une solution environnementale. « Il n’y avait pas avant de façon de se débarrasser de ces sacs. Les producteurs veulent avoir ce genre de programme ». Mme Lajeunesse souligne aussi l’apport financier des détaillants agricoles qui mettent des ressources au service de ce programme qui est volontaire. Le support de l’UPA a aussi été un gage de succès dans la visibilité et la reconnaissance du programme.

Si la réponse demeure bonne, AgriRÉCUP pourrait donc devenir permanent. Le rapport incluant les résultats des trois années d’implantation sera dévoilé vers le mois de novembre, au terme de la saison 2015 qui s’étend de mai à septembre.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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