Attention aux mauvaises herbes dans le maïs

Les mauvaises herbes pourraient faire de l’ombre à votre maïs et le plus tôt vous y verriez, le mieux cela serait.

Des études en Ontario ont en effet démontré que les pertes de rendement du maïs lié à la concurrence des mauvaises herbes pouvaient atteindre de 0,3% à 2,2% par jour, après le stade de trois feuilles. Deux facteurs influencent habituellement le rendement, soit le moment de la levée des mauvaises herbes et la densité de peuplement. Il semblerait que ce dernier facteur ait moins d’incidence sur le rendement que le moment de la levée des mauvaises herbes.

Dans une étude, la levée de 60 plantules d’échinochloa pied-de-coq au stade 1 feuille du maïs a entraîné une baisse de rendement de 12 %, tandis que la levée du même nombre de plantules au stade 4 feuilles a entraîné une perte de rendement de seulement 3 %.

Des chercheurs ont déduit que la lutte pour les nutriments commence avant même que les ressources ne deviennent limitées. Les végétaux perçoivent une menace avoisinante et vont chercher à la contrer en poussant plus haut pour éviter l’ombre, ce qui les inciteront à dépenses plus d’énergie dans l’élongation de leurs tiges au détriment du développement de leur système racinaire.

La concurrence exercée par les mauvaises herbes en début de saison amènerait donc des pertes de rendement dans le maïs en augmentant la variabilité d’un plant à l’autre dans le nombre de grains par plant. Cet effet persiste même après l’élimination des mauvaises herbes et est rarement apparent, puisque la taille moyenne des plants de maïs reste la même dans l’ensemble du peuplement.

Sous des conditions de croissance favorables, de légères réductions du nombre de grains par plant peuvent être compensées par des augmentations du poids du grain, de sorte que les pertes de rendement sont alors minimales. Toutefois, si la culture est par la suite soumise à des facteurs de stress (concurrence directe pour des ressources, sécheresse, etc), les pertes de rendement peuvent refléter les effets cumulatifs déclenchés par l’évitement de l’ombre et les facteurs de stress qui ont suivi.

Source: Guide de lutte aux mauvaises herbes 2014-2015, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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