Assurer ses animaux…

La majorité des réclamations en assurance agricole concerne les animaux. C’est aussi la section des polices d’assurance ferme qui comporte le plus d’annexes, indique l’agroéconomiste et formateur en assurance André Grenier.

Si la rigueur dans l’évaluation de ses bêtes doit pour l’éleveur être la même que celle appliquée dans l’évaluation de ses bâtiments et sa machinerie, cela revêt un caractère plus sentimental qui mène parfois à de la surassurance, note l’agroéconomiste.

« Un éleveur m’a déjà affirmé avec certitude que ses vaches valaient 4000 $. Pour avancer ça, il faut me le prouver. Il y a un peu d’orgueil personnel. Ils sont fiers de leurs animaux et ils ont raison! Les troupeaux sont très beaux au Québec, 99 % sont de pure race, mais, il faut être logique. Au Québec, le prix moyen d’une vache laitière se situe entre 2000 $ et 3000 $ pour une génétique déjà très bonne », explique-t-il.

Mais les animaux sont plus difficiles à évaluer que des tracteurs. Plusieurs facteurs peuvent influencer leur valeur, comme l’intervalle de vêlage, la génétique, la production moyenne de lait pour les vaches, le calibre des truies.

La renommée du troupeau peut influencer également, mais pas dans tous les cas. « Si un producteur a un troupeau de haute génétique, mais ne fait jamais de vente, ce sera difficile de prouver qu’il a un troupeau qui vaut 4000 $ par vache, si elles ne sont pas vues et reconnues. Si un troupeau est souvent dans des expositions, ça peut aider ou nuire. S’il ne se classe jamais bien, ça n’est pas très bon! »

André Grenier spécifie que pour se guider, les producteurs disposent d’outils, comme les encanteurs pour les vaches et bovins, et les chartes de prix publiées régulièrement dans le Mensuel porc, du Centre de développement du porc du Québec.

Pour les animaux comme pour la machinerie, il faut être à l’affut des facteurs pouvant modifier la valeur du troupeau et en aviser immédiatement son assureur. « Par exemple, en 2003, lors de l’épisode de la vache folle, le prix moyen des vaches laitières était de 3500 $ et les taures prêtes à saillir 2500 $. Mais le prix des animaux a presque diminué de moitié. J’ai connu des agriculteurs qui sont passés au feu à l’été 2003. Leurs assureurs leur ont donné 1750 $, même s’ils étaient assurés pour plus. À l’inverse, certains se sont ajustés, mais ils ont oublié de le refaire quand c’est remonté. Ils étaient alors assurés pour 1900 $, et elles étaient rendues à 3000 $ », se remémore André Grenier. Comme quoi il faut penser à tout, tout le temps.

Pour en connaître davantage sur les assurances en agriculture, lisez l’article de David Santerre dans Le Bulletin des agriculteurs de décembre 2011, en page 41.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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