Aucun progrès dans les plus récentes propositions de l’OMC

Ottawa (Ontario), 16 juillet 2004 – Les agriculteurs canadiens sont très déçus par les plus récentes règles commerciales agricoles proposées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les propositions, dévoilées aujourd’hui dans un document provisoire présenté par Tim Groser, président du comité de l’agriculture de l’OMC, n’apportent pas grand-chose de nouveau depuis le rejet des propositions formulées lors de la session de négociation de Cancun et ne protègent aucunement les intérêts collectifs du secteur canadien de l’agriculture.

« Tout nouvel accord sur le commerce agricole international doit régler les iniquités qui ont été créées au cours de la dernière série de négociations de l’OMC », a déclaré Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA). « Ce document provisoire échoue sur ce point. »

La FCA, la plus importante organisation agricole nationale au Canada représentant des producteurs dans chaque province et groupement de produits, estime que les propositions de M. Groser nuiront aux exportations canadiennes et au secteur canadien de l’agriculture où la demande est gérée à l’aide de systèmes de gestion des approvisionnements. Les règlements proposés permettraient à des pays comme les États-Unis qui versent d’importants subsides à leurs producteurs de continuer à attribuer ainsi de vastes quantités de fonds gouvernementaux pour soutenir l’agriculture, tout en empêchant les pays comme le Canada qui versent peu de subsides de venir en aide à leurs industries nationales. « Le plafond proposé pour les différents produits enlèverait au Canada le droit d’aider les producteurs de boeuf en difficulté », a fait observer M. Friesen.

De plus, la question de l’accès aux marchés n’a pas suffisamment été abordé. Les propositions saperont la capacité du Canada de maintenir des régimes d’organisation méthodique des marchés tout en ne fournissant aucune garantie que les exportateurs canadiens auront davantage accès aux marchés étrangers.

« Chaque année, nos producteurs de céréales font face à 1,3 milliard de dollars en pénalités commerciales à cause des subsides élevés versés à l’étranger. Quiconque appuie la signature de cet accord n’aura plus le droit de demander des mesures d’atténuation des effets commerciaux », a affirmé Marvin Shauf, deuxième vice-président de la FCA. « Les négociateurs canadiens ne peuvent même pas envisager de signer ce document tel qu’il est formulé actuellement. Il y aura beaucoup de travail à faire pour le rendre même légèrement acceptable. »

Des représentants de la FCA seront à Genève la semaine prochaine pour participer aux négociations de l’OMC.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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