Crise forestière: l’acériculture fait partie de la solution!

Montréal (Québec), 26 juin 2009 – Le 27 mai dernier, M. Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des Municipalités (FQM), écrivait un texte fort pertinent intitulé « La crise forestière : menaces et opportunités ». Dans cette lettre d’opinion, où il témoignait de la crise forestière que nous vivons actuellement, il nous invitait à y voir des opportunités, dont le développement du potentiel non ligneux de la forêt tel que les activités récréotouristiques ou encore la production de bleuets, de champignons ou d’herbes médicinales.

Comme producteur de sirop d’érable, je fus bien surpris de ne voir àaucune occasion le mot « acériculture » dans le texte de monsieur Généreux! Biensûr, les bleuets et les champignons ne sont pas dénudés d’intérêt, loin de là,mais j’ose espérer que l’érable représente une partie importante de notreculture forestière au Québec! Depuis les 20 dernières années, cette productions’est passablement développée et aujourd’hui, elle fait vivre de plus en plusde familles, de commerces, d’industries et d’artisans de chez nous. Voussaviez que le secteur de l’érable représente 3 200 emplois directs permanentset 8 000 emplois saisonniers liés à la restauration des cabanes à sucrecommerciales pendant la période du printemps? Ca fait beaucoup de monde ça!

Bizarrement, M. Généreux n’est pas la seule personne politique à ne pasutiliser le mot « acériculture » quand on parle de forêt, de développement etd’emplois en région! Hypothèse : y aurait-t-il une méconnaissance générale dece qu’est devenu le secteur de l’érable au fil du temps? Gens des MRC,députés, maires, conférences régionales des élus, connaissez-vous bien cesecteur qu’est l’érable, notre sucre national? Alors voici.

Non seulement le Québec est-il la principale région productrice de siropd’érable au monde, et de loin, avec 80 % de la production mondiale et 91 % dela production canadienne, mais les producteurs d’ici ont mis en placeplusieurs outils qui permettent de développer cette production.Assurance-récolte, agence de vente, planification des volumes de productionpar les contingents, stabilité des prix à travers une convention de mise enmarché : voici la preuve d’un développement bien pensé et prometteur! De plus,les nombreux efforts de promotion effectués au cours des dernières annéespermettent le développement de cette production, et ce, avec un minimum d’aidede l’Etat.

La meilleure preuve de tous ces efforts? D’ici 2011, pas moins de 400nouvelles entreprises et plus de sept millions d’entailles supplémentairesauront fait leur apparition dans le paysage québécois, contribuant audéveloppement du secteur. Et ces nouveaux érables en production nécessitent uninvestissement en équipement de l’ordre de 20 à 25$ par entaille. Ceschalumeaux, cette tubulure et ces appareils à osmose inversée sont conçus,manufacturés et vendus en région par des gens d’ici. Juste pour ces nouvellesentailles, on parle de quelques 140 millions de $ en achat local… ! Et ducoté de la production de sirop en tant que tel, elle représente plus de 300millions de dollars de revenu brut à la ferme pour 2009! Imaginez si onaugmentait encore un peu le nombre de fermes acéricoles… Avec de telschiffres, on risque bien de faire rougir l’industrie de la cueillette dechampignon en forêt! Peu de secteurs économiques peuvent se vanter de vivre unaccroissement aussi important, aussi stable et aussi durable. Et les sommesgénérées sont très souvent investies et dépensées en régions.

D’ailleurs, par le passé, certains villages frappés par une fermetureévidente ont trouvé en l’acériculture une solution économique viable,accessible et rapide afin de se développer. Résultat : cela a permis de lessauver. Déjà présente sur une grande partie du territoire québécois,l’acériculture s’avère une opportunité de développement à saisir en ces tempsde crise : produire à la fois du bois et du sirop d’érable sur les mêmesterres contribue à stabiliser le revenu généré en région, autant en forêtpublique que privée. Et à moyen terme, tous les peuplements forestierscomposés en majorité d’érables non exploités au Québec peuvent, de façonévidente, contribuer éventuellement à ce développement. C’est pourquoi il fautles aménager convenablement et les préserver par l’application de la Loi surla protection du territoire et des activités agricoles (LPTAQ). La coupe dejardinage acérico-forestière a justement été développée par les professionnelsd’ici pour assurer le plein potentiel des érablières à vocation acéricole.

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec et ses 11 500acériculteurs sont d’avis qu’il est primordial de saisir toutes les chances etles possibilités que la forêt d’ici nous offre. Afin d’ajouter auxsuggestions, je souhaite rappeler que l’acériculture est une avenue dedéveloppement de la forêt. Il s’agit d’un secteur disposant d’un potentiel decroissance énorme, marqué par un dynamisme évident. En développant lesérablières depuis les dernières années, les producteurs acéricoles du Québecmettent déjà l’épaule à la roue afin de sortir de cette crise forestière.Monsieur Généreux, l’acériculture fait partie de la solution! Je vous invite àvisiter mon érablière pour vous en convaincre!

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs acéricoles du Québec
http://www.siropderable.ca

Fédération Québécoise des Municipalités (FQM)
http://www.fqm.ca

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