Deux tonnes de poudre de lait écrémé remises aux députés fédéraux pour dénoncer l’inaction gouvernementale

Québec (Québec), 28 avril 2005 – « Il y a de moins en moins de lait de chez-nous dans les produits laitiers canadiens en raison du laxisme du gouvernement fédéral à contrôler l’importation d’ingrédients laitiers subventionnés. Ces ingrédients prennent la place de notre lait et on seretrouve avec des tonnes de poudre de lait écrémé sur les bras, on perd del’argent, et en plus, il n’y a aucun bénéfice pour les consommateurs. Il fautque ça cesse ! ». C’est ce qu’a déclaré M. Gilbert Perreault, premier vice-président de la Fédération des producteurs de lait du Québec lors d’une activité de sensibilisation qui s’est déroulée devant l’édificefédéral John-Munn, dans le vieux-port de Québec.

Devant l’édifice, les producteurs laitiers ont installé une frontière symbolique constituée de 77 poches de poudre de lait écrémé, au nom des 75 députés fédéraux du Québec, du Parti conservateur du Canada et du Nouveau parti démocratique. Ils se sont ensuite dirigés vers les bureaux de 9 députésde la région afin de leur remettre une poche de poudre de lait écrémé, symbolede l’inaction gouvernementale. Des événements similaires se sont dérouléssimultanément dans différentes régions du Québec.

Le même sort que le textile ?
Les producteurs demandent aux députés de faire pression sur legouvernement fédéral afin qu’il prenne rapidement les mesures appropriées pourlimiter ces importations. En remplaçant le lait canadien dans le fromage, leyogourt et la crème glacée fabriqués au pays, ces ingrédients laitiersimportés font perdre 70 millions de dollars aux producteurs québécoisannuellement – 175 millions de dollars pour l’ensemble du Canada. Cesimportations occasionnent également d’énormes surplus de poudre de lait écrémédont les producteurs doivent assumer les coûts.

Depuis plusieurs années, on observe une augmentation importante del’entrée de ces ingrédients laitiers – aussi appelés substances laitièresmodifiées – sur le marché canadien. Les principaux produits en cause sont desprotéines (caséines et caséinates) et des huiles de beurre sucrées. Lesproducteurs canadiens ont ainsi perdu 50 % du marché de la crème glacée en 10 ans à cause des importations d’huiles de beurre sucrées utilisées pourremplacer la vraie crème. Le dernier-né de ces ingrédients laitiers pourraitmême remplacer jusqu’à 30 % de la production laitière canadienne.

« Qu’attend Ottawa pour agir et défendre les intérêts de ses producteurs ?Nous réserve-t-il le même sort que celui des travailleurs du textile ? », aquestionné M. Perreault.

Regardez les étiquettes
Les transformateurs laitiers canadiens profitent du laxisme dugouvernement fédéral pour importer ces ingrédients à des prix très avantageuxpuisqu’ils proviennent principalement de pays qui subventionnent massivementleur production agricole et leurs exportations, notamment les pays européens.Contrairement aux producteurs européens, les producteurs laitiers canadiens nereçoivent pas de telles subventions. Ils ne peuvent donc pas concurrencer cesproduits.

Malgré l’importation de ces « ingrédients à rabais », les transformateursne vendent pas leurs produits moins chers aux consommateurs canadiens. Ilsaugmentent ainsi leurs profits aux dépens des producteurs et desconsommateurs. Le prix de la crème glacée, par exemple, a augmenté au mêmerythme que celui des produits qui ne contiennent que du lait d’ici, même sison principal ingrédient est importé à prix de dumping.

« J’invite les consommateurs à regarder les étiquettes et à privilégierdes produits laitiers faits uniquement de lait et de crème. Evitez lesproduits qui contiennent des substances laitières modifiées. Les ingrédientsimportés se cachent souvent derrière cette appellation fourre-tout », a ajoutéle vice-président de la Fédération.

Recourir à l’article 28 de l’OMC
Le gouvernement canadien s’est engagé à maintes reprises à limiterl’entrée au pays de ces ingrédients laitiers afin que la gestion de l’offre,notre modèle de production laitière, demeure un système efficace qui bénéficieà l’ensemble de la société. Les règles prévues dans les accords commerciauxpermettent au Canada de limiter ces importations. Le gouvernement fédéral peutinvoquer l’article 28 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afind’instituer de nouveaux contingents tarifaires qui permettraient de maintenirces importations à leur niveau actuel et même de les augmenter d’un maximum de10 %.

« En tant que défenseur de la gestion de l’offre, le gouvernement canadiendoit utiliser sans délai ce droit que lui reconnaît l’OMC afin de limiter lesdégâts avant que des dommages irrémédiables ne soient causés », a conclu M.Perreault.

De l’information additionnelle est disponible dans le site Internet Le Lait Équitable.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

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