Essentiels antibiotiques en santé animale

L’utilisation d’antibiotiques en médecine vétérinaire a mauvaise presse auprès des gens œuvrant en médecine humaine. On les accuse de rendre les bactéries résistantes aux antibiotiques utilisés chez les humains. Or, en santé animale, on juge les antibiotiques indispensables, et non pas seulement comme promoteurs de croissance.

Certains aliments sont malgré tout produits sans antibiotiques, sans toutefois mentionner que les animaux de ce créneau qui doivent être traités sont tout simplement reclassés dans la catégorie « élevage conventionnel », et que les produits vendus sous cette appellation sont plus dispendieux à produire. Pouvons-nous faire un meilleur usage des antibiotiques ?

La réponse à cette question est plus complexe qu’on le pense. Selon la professeure de microbiologie de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal Marie Archambault, le Québec est un exemple à suivre en matière de lutte à l’antibiorésistance. La formation obligatoire des membres de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec en est un exemple. Cette formation est en partie dispensée par Marie Archambault.

Le Québec est aussi la seule province, avec Terre-Neuve, où la prescription vétérinaire est obligatoire. Le laboratoire de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et du MAPAQ regroupe quatre membres de l’American College of Veterinary Microbiologists, soit la plus grande concentration de spécialistes au Canada. « La tendance est de ne pas utiliser des molécules (antibiotiques) de grande importance en médecine humaine, précise Marie Archambault. En médecine vétérinaire, nous voulons agir de façon responsable. Nous ne voulons pas contribuer à la naissance de résistance qui serait nuisible à l’humain. » Au Québec et au Canada, des programmes surveillent l’évolution de la résistance aux antibiotiques.

L’utilisation la plus critiquée des antibiotiques est celle vouée comme promoteur ou facteur de croissance. En santé animale, les antibiotiques sont utilisés à trois fins, explique le vétérinaire consultant Robert Gauthier. « Pour le même antibiotique, on peut l’utiliser comme facteur de croissance, pour diminuer les infections ou en thérapeutique, dit-il. C’est selon la dose. » L’usage comme promoteur de croissance existe depuis une cinquantaine d’années. Interdit depuis 2006, cet usage est en cours de révision au Canada.

Pour en connaître davantage sur les antibiotiques en santé animale, lisez les articles Essentiels antibiotiques et Mythes sur les antibiotiques du Dossier santé animale de novembre 2013 dans Le Bulletin des agriculteurs.

Le 16 octobre dernier, le MAPAQ a dévoilé les outils mis en place par neuf organismes de la Stratégie québécoise de santé et de bien-être des animaux visant à sensibiliser les propriétaires d’animaux d’élevage et de compagnie à l’importance de l’utilisation judicieuse des antibiotiques. On peut les connaître en suivant ce lien.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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