L’agriculture canadienne est en bonne santé

Après des années actives du point de vu financier, le secteur canadien agricole entrerait dans un nouveau cycle, marqué par un ralentissement de la valeur des terres et une stabilisation des revenus, selon Financement agricole Canada (FAC). Il s’agit de quelques unes des constations possibles à la suite de la lecture du dernier rapport de l’organisme fédéral, intitulé Perspectives concernant les actifs et la dette agricoles pour 2016-2017. Grâce aux dernières données livrées par Statistique Canada, FAC indique que le secteur agricole canadien présente un bon bilan de santé, avec toutefois quelques défis pour les prochaines années.

Selon le rapport, le ratio d’endettement des fermes canadiennes est demeuré historiquement faible à 15,5 % en 2015, comparativement à la moyenne antérieure sur cinq ans de 15,9 % et à la moyenne sur 15 ans de 16,7 %. Un ratio d’endettement faible est généralement considéré comme avantageux en affaires, car il offre une souplesse financière et atténue le risque pour les producteurs.

Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef à FAC, a de plus constaté un ralentissement de la hausse des actifs après des sommets historiques dans le prix des terres. De 2001 à 2011, la valeur des terres et des bâtiments agricoles s’est appréciée en moyenne de 7,2 % par année, soit le double de la valeur de départ. De 2012 à 2015, le taux annuel moyen d’appréciation a été de 11,7 %, ce qui représente une hausse totale de 39,4 %La croissance de la valeur des terres devrait augmenter de 5% encore l’an prochain d’un point de vue national, pour ensuite se stabiliser en 2017. Le Canada suit en cela les États-Unis, avec un peu de retard. Les terres au sud de la frontière ont amorcé un ralentissement il y a deux ans déjà.

Le Québec, qui a connu des hausse très fortes dans les dernières années, devraient se maintenir dans la moyenne nationale. L’économiste de FAC entrevoit plus de facilité à accéder à la propriété avec une stabilisation des valeurs mais ajoute que le capital investi demeure toute proportion gardé, très élevé. Ce ralentissement devrait également ralentir la spéculation dans le secteur. En 2015, les terres agricoles représentaient 67 % de la valeur de l’actif agricole total comparativement à 54 % en 1981.

Le ratio de liquidité a cependant diminué au Québec, en lien avec les pertes de revenus dans le secteur de la production laitière. « Ce ratio a diminué mais demeure à un niveau raisonnable en comparaison avec sa moyenne historique », fait valoir M.Gervais.

Les revenus sur le plan canadien devraient diminuer avec la baisse des prix sur les marchés pour les céréales et devraient se stabiliser. L’économiste n’envisage pas de risque de ce point de vue, grâce à la faiblesse du dollar canadien qui, à 80 cents US, procure un avantage aux producteurs d’ici. Il n’entrevoit pas d’ailleurs de changement sur ce point pour cette année ou l’année prochaine.

M.Gervais fait cependant une mise en garde quant au ratio de liquidité des entreprises agricoles, le ratio qui leur indique leur marge de manœuvre. « Il faut avoir un fonds de roulement assez solide pour supporter les variations des valeurs macroéconomiques ainsi que les changements dans les taux d’intérêt. Il faut conserver son plan de commercialisation et ne pas céder à la tentation de le modifier selon les événements. »

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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