Ferme Clairbois : le ras le bol de la stabulation entravée

La Ferme Clairbois a ouvert ses portes pour inaugurer la nouvelle étable

Karine Barde et Samuel Boisclair de la Ferme Clairbois de Saint-Samuel sont pleinement satisfaits de leur nouvelle construction.

Le 8 janvier 2025, Karine Barde appelle son banquier. « Tu me prêtes 3 millions ou je ferme tout ça », lui dit-elle. Karine et son conjoint Samuel Boisclair, de la Ferme Clairbois de Saint-Samuel au Centre-du-Québec, étaient au bout du rouleau. Les options: construire une étable avec robots de traite ou arrêter la production laitière.

Eh bien! Ils ont construit l’étable. Le vendredi 13 mars 2026, ils l’inauguraient lors d’une porte-ouverte.

Karine et Samuel n’ont pas attendu la réponse de l’institution financière. Le 3 février 2025, ils avaient élaboré leur première ébauche avec leur ingénieur pour construire sur un nouveau site, juste à côté de leur site de production. En mars, le terrain était préparé. Le premier avril, la fondation était coulée et en mai la structure était montée. Et le financement a finalement été accordé. « Il fallait que ça marche », raconte Karine.

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Le 15 septembre, la construction était terminée. Il restait les équipements intérieurs à installer. Le 4 novembre, les vaches entraient en trois journées différentes sur une semaine.

Tout un changement comparativement à leurs trois sites et les vaches attachées traites trois fois par jour.

Ce qu’ils voulaient, c’était d’offrir un maximum de confort à leurs vaches et de réduire les besoins de main-d’œuvre. C’est d’ailleurs, ce dernier point qui a été l’élément déclencheur.

Pour cela, ils ont décidé de centraliser tous les animaux sous un même toit et de traire les vaches avec des robots. Ils ont aussi offert un endroit où les vaches ont dorénavant la liberté de se déplacer où elles veulent.

L’étable compte 110 logettes pour les vaches en lactation et est prévue pour un quota de 200 kg de matière grasse par vache par jour. La ferme compte 80 vaches actuellement.

Et puis?

Karine explique qu’ils sont très satisfaits, mais qu’il leur a fallu réapprendre à travailler parce que c’est très différent de la traite en stabulation entravée. « L’automatisation, c’est merveilleux! » s’exclame-t-elle.

Ce qu’elle aime le plus, c’est d’avoir pu offrir de la liberté aux animaux. « Ils font ce qu’ils veulent quand ils veulent », dit-elle. Karine adore aussi avoir toutes les données au bout des doigts sur son téléphone.

« On a construit l’étable comme on voulait travailler », raconte-t-elle.

Le budget de 3 millions de dollars a été dépassé, mais ils ne regrettent pas. Ils ont pu sauver en continuant d’utiliser leurs structures d’entreposage et de fabrication d’aliment qui sont sur l’ancien site juste à côté. Le mélange est apporté par camion. Ils ont toutefois dû construire une fosse à fumier.

« C’est la meilleure chose qu’on pouvait faire », raconte la maman de deux jeunes enfants, de 2 et 5 ans. « Ce n’était plus viable. »

L’ingénieur Christian Lemay des Consultants Lemay & Choinière explique que l’étable est un modèle fréquent dans les nouvelles constructions. Il s’agit d’un modèle avec trois rangées de logettes pour les vaches avec une rangée d’alimentation. Les génisses d’élevage et les vaches taries font face aux vaches de l’autre côté de l’allée d’alimentation. photo: Marie-Josée Parent
Voici les parcs de vaches taries et de génisses longeant l’allée d’alimentation. photo: Marie-Josée Parent
Les taures ont accès à un robot d’entraînement avant la mise bas. Ça leur permet de se familiariser avec la cage du robot d’alimentation en plus de leur apporter un aliment adapté à leur condition. photo: Marie-Josée Parent
Les deux robots sont côte à côte et sont situés sur le côté de l’étable et près de la laiterie et de la réserve d’eau potable. photo: Marie-Josée Parent
Le trafic au robot est hybride. C’est-à-dire que la vache peut se diriger où elle veut, mais selon un ordre logique qui l’amène d’une section à l’autre, selon qu’on y retrouve de l’eau, des aliments, des logettes ou le robot. Donc, la vache va inévitablement passer au robot. La Ferme Clairbois a aussi choisi d’avoir un parc de vaches en chaleur, ce qui réduit les risques de blessures. photo: Marie-Josée Parent
Pour boire, une vache qui est dans l’aire d’alimentation doit traverser cette barrière. Pour revenir à l’aire d’alimentation, elle devra se présenter à la barrière de tri devant le robot. Si elle n’est pas due pour la traite, elle pourra y retourner. photo: Marie-Josée Parent
Deux parcs comme celui-ci sont disponibles pour les vaches taries et en préparation au vêlage. photo: Marie-Josée Parent

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.