Quelques mois après avoir vendu le troupeau laitier, la Ferme Gagnonval a remporté pour une deuxième année consécutive le prix Qualité du lait du Club de l’Excellence Agropur. Pour sa part, la Ferme Janibert a remporté le prix Bien-être animal.
Agropur a couronné ses Grands Champions du Club de l’Excellence le 11 février 2026 lors de la 87e assemblée générale. En plus de récompenser les grands gagnants, la coopérative a félicité les 13 finalistes dans la catégorie qualité du lait et les trois finalistes dans la catégorie bien-être animal.
Qualité du lait exemplaire
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En entrevue, les frères Marc et Daniel Gagnon, de la Ferme Gagnonval de Sainte-Hénédine en Beauce, démontrent encore beaucoup de passion envers la production laitière. En septembre dernier, ils vendaient leur troupeau, mais comme Agropur termine son année en juin, ils étaient éligibles à la remise des prix. Le cœur est toujours dans la production laitière, « c’est le corps qui ne suivait plus ».
Selon les deux frères, ce sont les détails et les soins apportés aux animaux qui font la différence.
« Ceux qui travaillent pour le bien-être animal vont réussir aussi à faire un lait de qualité parce qu’ils ont des bonnes méthodes de travail », explique Marc.
Selon lui, il ne faut pas que les animaux soient stressés. Un grand soin doit aussi être apportés aux veaux. Par la suite, il sera facile de travailler avec ces animaux. Et s’ils ne sont pas craintifs, ils auront un comptage de cellules somatiques (CCS) plus bas, qui est la mesure de la qualité du lait.

L’alimentation est aussi très importante. Des mauvais fourrages ont aussi un impact négatif sur ce comptage de cellules somatiques. Pour éviter les moisissures, les frères Gagnon préparent deux rations par jour en été.
« Aussitôt que tu mets un foin de mauvaise qualité, il faut que la vache combatte ça dans son système, dit Daniel. Donc, elle a moins d’énergie pour faire du bon lait. Quand on met un aliment de mauvaise qualité, on le voit tout de suite. Les CCS montent aussitôt. »
Comme producteurs laitiers, les frères Gagnon étaient constamment en contact avec leurs différents conseillers pour les aider au niveau de l’alimentation, de l’élevage ou de la santé du troupeau. Ils portaient une grande attention à l’équilibre de la ration, le bon déroulement du tarissement, la préparation au vêlage.
Selon eux, la propreté est aussi essentielle. « Chaque fois que je passais à l’étable, je grattais les stalles, dit Marc. On n’avait pas un gros troupeau. Ça me prenait deux minutes. » Ils avaient 35 vaches à la traite. Ils utilisaient aussi un adoucisseur d’eau. La ventilation était aussi parfaite que possible, ainsi que la luminosité.
Daniel et Marc Gagnon n’abandonnent pas l’agriculture pour autant. Ils viennent de suivre une formation sur la production de céréales. Ils ont aussi une érablière de 3000 entailles. Ils se gardent donc très actifs. Les bâtiments sont loués pour des animaux de remplacement.
Pour le futur, ils souhaitent le meilleur pour la production laitière. Ils espèrent surtout que le gouvernement canadien va tenir tête aux pressions face aux accords commerciaux avec notamment les États-Unis.
Le bien-être animal d’abord
Tout comme les frères Gagnon, Marjolaine Robert de la Ferme Janibert, à Ange-Gardien en Montérégie, explique que le bien-être animal va de pair avec la qualité du lait. Marjolaine est productrice laitière avec ses frères Maxime et Xavier, ainsi que ses parents Maryse Forgues et Yves Robert.

Selon elle, ce n’est pas qu’une question d’équipement. C’est beaucoup une question de relation avec les animaux.
« C’est beau d’avoir tous les équipements du monde pour donner un environnement sain aux animaux, mais je pense que ça passe aussi par le contact humain, dit-elle. Dans ce prix-là, c’est beaucoup ça qu’on essaie de promouvoir : l’interaction avec nos vaches et comment on les aime. Comment on veut qu’elles travaillent pour nous et qu’elles fassent équipe avec nous. Ce ne sont pas juste des numéros. »
Leurs 190 vaches et 120 génisses, ils les connaissent toutes individuellement. « On connaît toutes leurs petits noms », dit Marjolaine.
À la suite de l’incendie de décembre 2016, la famille a reconstruit une étable au goût du jour qui est en fonction depuis avril 2018. Les vaches sont en stabulation libre avec salle de traite. Les vaches ont des logettes profondes de sable. Les génisses d’élevage et les vaches en préparation au vêlage sont sur litière accumulée.
Pour la famille Robert, ce prix du bien-être animal est important afin de sensibiliser la population générale sur le bien-être animal des vaches laitières.
« Peut-être que la vache n’est pas dehors dans un pâturage, mais je pense qu’elle est mieux sous un toit où elle a de la ventilation et une température contrôlée même s’il fait -30 degrés dehors l’hiver ou 40 l’été », explique Marjolaine.

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