Fièvre aphteuse: Londres a débloqué plus de 600 millions de livres de compensations pour les éleveurs

Londres (Grande-Bretagne), 9 avril 2001 – Plus de 600 millions de livres sterling (952,3 millions d’euros/6,2 milliards de FF) ont été débloqués par le gouvernement britannique pour aider les éleveurs du pays frappés par l’épizootie de fièvre aphteuse, dont la propagation a semblé se ralentir ces dernier jours.

Dans un discours devant la Chambre des Communes, le ministre britannique de l’Agriculture Nick Brown a précisé lundi que plus de 247 millions de livres (392 millions d’euros/2,6 milliards de FF) de compensations directes pour les animaux abattus avaient déjà été versés, et le montant qui continue de grimper.

Pour l’heure, la destruction de 1 366 000 bêtes a été autorisée, dont 888 000 ont déjà été abattues, selon le dernier bilan établi dimanche soir, a-t-il précisé.

Par ailleurs, 156 millions de livres supplémentaires (247 millions d’euros/1,6 milliard de FF) sont payés aux titres de compensations agricoles. Et les éleveurs qui ne peuvent sortir leurs animaux des étables pour le printemps doivent recevoir 200 millions supplémentaires (317 millions d’euros/deux milliards de FF).

Lundi après-midi, 1144 foyers avaient été recensés en Grande-Bretagne. Mais l’extension de l’épizootie a paru marquer le pas ces derniers jours, avec une diminution du nombre de nouveaux cas découverts quotidiennement.

Mais les autorités restent néanmoins prudentes. M. Brown a reconnu devant les députés « certains signes encourageants » mais estimé qu’il était « encore trop tôt » pour prédire l’évolution de l’épizootie. Il a toutefois espéré qu’il serait possible de lever la semaine prochaine ou la suivante certaines des mesures de restrictions prises pour endiguer l’épizootie. Il a adressé lundi une lettre ouverte aux 85 000 éleveurs appelant ces derniers à continuer de coopérer le plus possible avec les autorités.

Le Premier ministre Tony Blair s’est de son côté entretenu lundi avec le chef des services vétérinaires britannique Jim Scudamore et le président du Syndicat national des agriculteurs (NFU) Ben Gill. Ce dernier s’est dit « très optimiste » devant la baisse régulière du nombre de nouveaux foyers découverts chaque jour mais aussi « inquiet » devant la découverte de nouveaux cas situés à l’extérieur des principales zones contaminées.

« Nous devons nous assurer que ces nouveaux cas n’entraînent pas eux-mêmes des d’épizooties plus importantes », a-t-il déclaré en appelant chacun à veiller à appliquer les mesures de prévention. Il a expliqué que dans l’un des cas, un membre d’une famille dont l’exploitation avait été touchée, une femme très affectée par la crise, était partie se réfugier dans une autre ferme et avait apporté le virus avec elle. « Tout le monde doit se désinfecter », a rappelé M. Gill.

La fièvre aphteuse ne nuit pas qu’aux éleveurs. A la veille du week-end de Pâques, traditionnellement l’un des plus fructueux pour le tourisme rural britannique, une étude a montré que près des deux-tiers des personnes qui avaient prévu de partir à la campagne y avaient renoncé en raison de la crise.

La Grande-Bretagne a pourtant lancé un appel aux touristes, soulignant que la plupart des attractions touristiques restaient accessibles. Mais les professionnels du tourisme soulignent que les images des piles de carcasses d’animaux calcinés diffusées depuis le début de la crise avaient tendance à faire fuir les visiteurs.

Source : AP

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