France : la sécheresse prive l’est et le sud de fourrage

Paris (France), 3 juillet 2003 – Une grande moitié sud-est de la France agricole est touchée par la sécheresse qui prive les éleveurs d’une partie de leur fourrage et fait chuter leurs rendements.

Dans l’est du pays, « les pâtures sont complètement sèches et les vaches n’ont plus rien à manger. Dans quelques jours, je commencerai à leur apporter les fourrages prévus pour l’hiver, si bien que cet hiver la nourriture va manquer », témoigne Dominique Petitguyot, éleveur de vaches à Vaudray (Jura).

Dans le Haut-Rhin, où la pluie est quasi inexistante depuis le 15 mars, « les deux-tiers du département sont dans une situation sinistrée », affirme Michel Busch, directeur de la FDSEA (fédération départementale du syndicats d’exploitants agricoles).

Les premières récoltes de blé et de colza sont en cours, avec deux à trois semaines d’avances. Elles « frisent un niveau (plancher) jamais atteint car elles ont chuté de moitié », explique M. Busch.

Dans le Bas-Rhin, même si la pluie reprend, il y a « 50% de fourrage en moins en zone de montagne, 20 à 30% en moins en Alsace Bossue », selon Laurent Fischer, président des Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin. Il faudrait au moins trois semaines pour que les prés reverdissent, estime-t-il.

En Lorraine, Guy Pétain, président de la FDSEA 57, pense que la Moselle sera un département sinistré. « Nous attendons des baisses de rendement de l’ordre de 10 à 15% sur l’orge », avance-t-il.

Au sud, dans la Drôme, « on cumule le déficit de pluie et la chaleur », déplore le président de sa FDSEA, Pierre Banc. Résultat: dans le sud du département, les jeunes abricots flétrissent avant de mûrir, explique-t-il.

La « gestion des ressources en eau », contraint certains agriculteurs à abandonner l’exploitation d’une partie de leurs terres, explique le président de la FDSEA de la Drôme qui comme 46 autres départements métropolitains a dû prendre des mesures de régulation d’eau.

Philippe Breynat, producteur de maïs à Veaunavey-la-Rochette, près de Creys, a renoncé à irriguer 8 des 20 ha de maïs qu’il exploite pour dans l’espoir de « sauver les 12 qui restent ».

Côté moissons, le rendement cette année atteint seulement 15 à 30% du rendement habituel dans la Drôme sur les surfaces non irriguées et 50% sur les surfaces irriguées, dit-il. Aucune culture n’est épargnée, pas même les vignes.

Et le « déficit » départemental de paille et fourrage du département atteint aujourd’hui 60.000 tonnes, selon M. Banc.

La région Midi-Pyrénées n’est pas épargnée. Dans le Gers, certains agriculteurs perdent jusqu’à 70% de rendement pour les protéagineux, selon la fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles. En Haute-Garonne, dans le sud du Lot, dans le Tarn, les pertes sont de l’ordre de 30%, selon la Chambre.

Dans ce contexte, les agriculteurs ont plus que jamais les yeux rivés sur le baromètre. Leur sort dépend en grande partie de la météo de juillet. En attendant, ils en appellent à la solidarité régionale et nationale.

En Bourgogne, une opération solidarité paille a été lancée. Les agriculteurs du Haut-Rhin sont en train de mettre en place un système de collecte pour le fourrage.

Les départements épargnés par la sécheresse, comme le Nord-Pas-de-Calais, sont mis à contribution.

« Nous avons été sollicités par plusieurs départements, dont l’Ain et la Saône-et-Loire pour fournir de la paille et du foin. Le Nord est prêt à envoyer du fourrage quasiment gratuitement mais il faut régler le problème du coût de transport », explique Christian Consille, directeur de la FDSEA du Nord.

Source : AFP

Commentaires