Le Bas-Saint-Laurent de nouveau en alerte

La deuxième coupe de foin sera-t-elle affectée par la sécheresse?

Bien des producteurs du Bas-Saint-Laurent ont dû pousser un soupir de soulagement après leur première coupe. Le temps frais l’avait retardé un peu, mais tant le volume que la qualité de fourrage ont été au rendez-vous.

« Dans l’ensemble, la récolte allait de bonne à très bonne », indique Luc Bérubé, du Groupe-conseil Pousse-Vert. « Un commentaire qu’on a beaucoup entendu, ajoute l’agronome basé à Rivière-du-Loup, c’est que les champs ensemencés l’an dernier étaient ordinaires. L’implantation semble avoir été affectée par sécheresse. Alors que pour les prairies déjà en place, peu de producteurs ont rapporté un problème. »

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Tout un contraste avec l’an dernier, alors que le rendement de la première coupe atteignait souvent à peine la moitié d’un rendement normal et qu’il n’y a pratiquement pas eu de regain par la suite.

À La Pocatière, Donald Larochelle, du Groupe-conseil Côte-du-Sud, dresse un portrait semblable, sinon meilleur. « Les échos que mes collègues et moi avons eu des producteurs, c’est que la première coupe était excellente. On a reçu beaucoup d’eau au printemps. Et, bien que le temps frais ait retardé la fauche, on a bénéficié d’un beau temps pour récolter. Y a même des producteurs qui ont vendu du foin de leur première coupe! »

Ceux-ci risquent de s’en mordre les doigts, car la sécheresse s’est réinstallée dans le Bas-Saint-Laurent. « Il y a deux semaines, on disait « Wow, belle saison! », lance l’agronome Amélie Martin, du même groupe-conseil. Mais depuis cette date, c’est redevenu sec. Dès que c’est sableux, ça paraît sur la culture. J’ai aussi vu des terres argileuses avec de bonnes craques. On commence à apercevoir du maïs avec des feuilles enroulées. Il va falloir plus que quelques millimètres de pluie pour corriger la situation. »

« Il y a quelques producteurs qui ont déjà fait leur deuxième coupe et ils ont obtenu un bon résultat, poursuit-elle. On avait eu de la pluie juste après la première coupe. Dans leur cas, c’est leur troisième coupe qui risque d’en souffrir. Le regain sera plus difficile. »

Signe révélateur: l’indice d’inflammabilité de la Société de protection des forêts contre le feu (mieux connue sous le sigle SOPFEU) oscillait entre élevé et extrême ces derniers jours.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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