La ministre Françoise Gauthier ne fera rien pour le sirop d’érable

St-Germain-de-Kamouraska (Québec), 5 octobre 2004 – La ministre de l’agriculture Françoise Gauthier vient de faire savoir qu’elle considère que les acériculteurs mécontents de l’agence de vente dans le sirop d’érable ne sont que « deux, trois, quatre individus de l’Union acéricole paysanne », et qu’elle ne changera rien à l’agence de vente actuelle. Elle présente comme un compromis des arrangements hors cour pour les producteurs poursuivis qui consentiront à se soumettre à l’avenir aux règles de l’agence de vente. Le départ de son principal conseiller dans ce dossier, Jérôme Thiboutot, vient d’ailleurs confirmer qu’elle a tranché définitivement en faveur de l’UPA.

Ce faisant, rappelons-le, la ministre, en toute connaissance de cause, a décidé d’ignorer les recommandations du Rapport Bolduc, qui avaient été appuyées par tous les membres de la Table filière à l’exception de l’UPA, les manifestations et les assemblées multiples où des milliers de producteurs ont manifesté leur mécontentement ces deux dernières années, les demandes de la récente Coalition de 6 groupes d’acériculteurs représentant plus de 2000 producteurs qui demandaient la suspension de l’agence de vente et des quotas, les centaines de dossiers d’acériculteurs en difficulté accumulés sur son bureau, enfin, les 70 millions de livres de sirop en inventaire et la perte rapide de nos marchés américains.

L’UPA, par son organe officiel La Terre de chez nous, triomphe sur toute la ligne et fait tout pour isoler l’Union paysanne et dénaturer son intervention dans ce dossier. Dans la même publication, le chef du Parti Québécois, qui s’est annexé l’UPA au cours de ses deux derniers mandats en lui donnant le droit de produire (loi 23), le veto sur les règlements municipaux (loi 184) et le contrôle de la Financière agricole, n’hésite pas à traiter d’anti-syndicalistes de droite ceux qui s’opposent au contrôle totalitaire de l’UPA.

Le président de l’Union acéricole paysanne, Russell O’Farrell, rencontrera la ministre mardi prochain, le 13 octobre, pour lui exposer une fois de plus la détresse de milliers de producteurs qui n’ont désormais plus aucun recours et la dégradation rapide de leur situation et de celle de nos exportations qui résultera de son refus d’intervenir. L’Union acéricole paysanne considère que l’agence de vente est responsable des actuels surplus et du manque à gagner des producteurs. La prochaine saison ne fera qu’amplifier le drame et l’UPA commence déjà à réclamer des subventions colossales pour réparer ses pots cassés et compenser pour le sirop non vendu.

Quant à l’Union paysanne, elle considère que la ministre a bassement cédé aux pressions de l’UPA et elle dénonce une fois de plus le contrôle totalitaire qu’exerce l’UPA non seulement sur les producteurs et la mise en marché de leurs produits, mais aussi sur toutes les institutions politiques qui gèrent l’agriculture et sur les consommateurs eux-mêmes. Dans le présent dossier, c’est Laurent Pellerin en personne qui a négocié le marché qui permettra à la ministre de sauver sa tête, mais pour combien de temps? En effet, le mécontentement se multiplie dans toutes les productions face à des plans conjoints gérés exclusivement par l’UPA et qui ne font aucune place à l’initiative des producteurs, à la production artisanale et à la mise en marché locale et régionale. L’Union paysanne invite les média et la société civile à dénoncer ce monopole inacceptable dans une société démocratique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

Commentaires