La sécheresse pourrait avoir coûté 5 milliards $ à l’économie canadienne

Winnipeg (Manitoba), 14 octobre 2001 – La sécheresse qui a frappé cette année les régions agricoles du Canada a créé un manque à gagner d’au moins 5 milliards $ au pays, affirme un économiste.

Brian Oleson, économiste à la Commission canadienne du blé, a établi ce coût en tenant compte d’une perte de plus de 10 millions de tonnes de céréales, à un prix moyen approximatif de 150 $ la tonne.

L’année a été dure pour tous les producteurs, qu’ils aient cultivé le soya en Ontario ou le canola en Saskatchewan, et l’on craint qu’un hiver sec ne crée les conditions requises pour une autre saison aussi pénible.

Une nouvelle période de sécheresse risquerait de porter un coup fatal à plusieurs agriculteurs qui sont déjà au bord de la catastrophe.

« Nous ne parvenons pas à faire face à celle-ci, qu’est-ce que ce sera s’il y en a une autre », déclare Bob Friesen, agriculteur au Manitoba et président de la Fédération canadienne de l’agriculture.

Les difficultés que vivent les agriculteurs depuis quelques années aggravent encore le problème, dit M. Oleson.

Selon M. Friesen, c’est la raison pour laquelle les producteurs de céréales et d’oléagineux se retrouvent dans une situation aussi précaire.

« Depuis trois ou quatre ans, ils devaient déjà composer avec le faible prix des produits agricoles », dit-il.

L’assurance-récolte peut couvrir 70 pour cent de leurs pertes, mais ce n’est pas suffisant pour les agriculteurs dont l’exploitation n’est pas rentable depuis trois ou quatre ans. Et s’il faut en croire les producteurs, le programme fédéral d’aide aux sinistrés est loin d’être une réussite.

M. Friesen et la fédération s’efforcent d’obtenir une aide fédérale pour les agriculteurs cette année, mais se préoccupent également de la menace à long terme que représente l’hiver doux et sec annoncé par les météorologues

Clay Serby, ministre de l’Agriculture de la Saskachewan, prévoit que de nombreux producteurs de la province devront se défaire de leur cheptel l’an prochain s’il n’y a pas de pluie cet automne.

Si cela devait se produire, l’impact économique à long terme serait énorme, déclare M. Oleson. « Il faut du temps pour récupérer ces pertes, quand on arrive à le faire. »

La Saskatchewan et l’Alberta ont été les provinces les plus éprouvées par la sécheresse, qui a cependant affecté plusieurs régions agricoles du pays.

Source : PC

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé

http://www.cwb.ca/

Fédération Canadienne de l’agriculture

http://www.cfa-fca.ca/

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