L’ensemble des intervenants dans le secteur de la production porcine dénonce l’incompréhension du gouvernement

Québec (Québec), 11 février 2005 – La Fédération des producteurs de porcsdu Québec (FPPQ) présente, lors de son assemblée générale semi-annuelle, la coalition formée par des joueurs majeurs de l’industrie porcine.Cette coalition, qui est composée de l’Association québécoise des industriesde nutrition animale et céréalière (AQINAC), La Coop fédérée, la FPPQ etl’Union des producteurs agricoles (UPA), dénonce l’attitude du gouvernement duQuébec dans le dossier de la production porcine ainsi que les nouvelles règlesqui encadreront le développement durable de cette production.

Devant ses membres, le président Claude Corbeil a profité de l’occasionpour réitérer son indignation face à la tournure des événements. « D’abord il ya eu l’adoption du projet de loi 54 qui renforcera les préjugés à l’égard desproducteurs de porcs et qui transférera d’importants pouvoirs auxmunicipalités et ensuite les modifications au Règlement sur les exploitationsagricoles (REA) qui auront pour effet de paralyser davantage le développementdurable de notre production. Maintenant, nous appréhendons le pire au sujetdes nouvelles orientations gouvernementales en matière d’aménagement quidevraient être dévoilées sous peu. Les producteurs de porcs en ont assez de laréglementation abusive et à défaut de nous donner un peu d’oxygène, legouvernement semble vouloir nous étouffer davantage » a déclaré M. Corbeil.

Outre M. Corbeil, les dirigeants des organismes membres de la coalitionse sont adressés aux producteurs pour leur faire part de leurs propresinquiétudes à l’égard de l’avenir de la production porcine.

La Coop fédérée, un des principaux intervenants impliqués en productionet transformation de porcs au Québec, est également très préoccupée par lesimpacts économiques des décisions actuelles du gouvernement du Québec,relatives au développement de cette production. « Nous qualifions de trèsaudacieux le pari du gouvernement de croire que les municipalités ferontpreuve de discernement dans l’application de la nouvelle loi. Les probabilitésde succès d’une telle entreprise sont extrêmement faibles et c’est l’économiedes régions rurales qui en paiera la note. Nous croyons que sans croissance niaugmentation raisonnable de la production porcine au Québec, de plus en plusd’investissements liés à cette production seront réalisés en dehors du Québec,avec des conséquences importantes pour l’emploi et la balance commerciale dela province », a souligné M. Denis Richard, président de La Coop fédérée.

« Multiplication des contraintes et des retards, peu de prise enconsidération des solutions amenées par le monde agricole, absence dereconnaissance et de soutien aux entreprises porcines résolument tournées versle développement durable ». C’est en ces mots que le directeur général del’AQINAC, M. Yvan Lacroix, résume l’attitude du gouvernement dans le dossierde la levée du moratoire porcin. L’AQINAC, dont les membres sont impliqués àplusieurs niveaux dans la production porcine, contribue à la réussite desproducteurs tant au niveau technique, environnemental, économique et socialdepuis plusieurs années déjà. Selon l’AQINAC, le gouvernement aurait avantageà s’appuyer sur les acteurs impliqués en production porcine pour favoriser sondéveloppement durable, plutôt que de chercher uniquement à multiplier lesréglementations dont les conséquences économiques pour les régions du Québec,sur la relève agricole, sur la R & D et sur les producteurs porcins sontimportantes.

De son côté, le 1er vice-président général de l’UPA, Monsieur ChristianLacasse « s’est dit très préoccupé que ce nouveau cadre législatif etréglementaire impose un double moratoire dans les 2/3 des municipalitésagricoles du Québec, en prolongeant le gel dans le secteur porcin et eninterdisant la mise en culture de nouvelles superficies. » En plus d’avoir faitpart de son inquiétude par rapport à la consolidation des fermes familialesqui ont été paralysées depuis bientôt trois ans, M. Lacasse a vivement dénoncél’absence de mécanismes d’arbitrage entre le monde municipal et lesagriculteurs.

Les prochaines semaines seront importantes pour la coalition quidévoilera les conclusions d’une étude qui portera sur les impacts économiquesd’une stagnation de la production.

Dans le cadre de ce plan d’action, les membres de la coalition entendentaussi déposer un mémoire lors de la consultation publique sur le développementdurable. « Le développement durable est un concept qui fait partie de notrequotidien depuis quelques années et nous n’avons pas attendu que legouvernement Charest sorte de son coma pour y adhérer » a conclu M. Corbeil.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Coopérative Fédérée de Québec
http://www.coopfed.qc.ca/

Le Porc du Québec
http://www.leporcduquebec.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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