Les acériculteurs veulent reprendre en main la mise en marché de leur sirop

Longueuil (Québec), 3 mai 2001 – « Il est urgent de mettre en place des règles qui permettront de réintroduire de l’ordre dans une mise en marché qui compromet la santé financière et l’avenir de nos entreprises acéricoles. Il faut redonner aux producteurs et aux productrices de sirop d’érable la responsabilité de la mise en marché efficace et ordonnée de leur produit ».

Voilà, en substance, le message qu’a livré, aujourd’hui, à Victoriaville, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires appelée à se prononcer, ces deux prochains jours, sur un litige qui oppose la Fédération des producteurs acéricoles du Québec et les acheteurs de sirop concernant la commercialisation du produit.

Les producteurs revendiquent les pouvoirs et les responsabilités qui leur sont reconnus dans la Loi sur la mise en marché des produits agricoles pour reprendre en main la mise en marché de leur produit. À cet égard, ils contestent le rôle du Regroupement pour la commercialisation des produits de l’érable (RCPÉQ) qui n’est plus, à leurs yeux, l’outil de concertation approprié pour intervenir dans cette mise en marché, d’autant plus qu’il s’agissait d’un mécanisme de transition.

Le président de l’UPA a spécialement insisté sur le fait que les conditions actuelles du marché créent une situation intenable pour les acériculteurs. Il s’en est pris tout particulièrement à la mauvaise foi des acheteurs, qui refusent de convenir de délais de paiement raisonnables. « Certains attendent encore leur argent pour la récolte de sirop de l’an dernier. On ne tolérerait ça dans aucun autre secteur économique! » a-t-il vivement dénoncé.

M. Pellerin a tenu à souligner que la filière acéricole dans son entier (producteurs, distributeurs, fournisseurs d’équipements, restaurateurs, etc.) se range derrière les revendications des acériculteurs qui, outre des délais de paiement raisonnables, réclament aussi une révision des mécanismes de fixation des prix qui permettraient de payer le sirop d’érable à sa juste valeur et, à tous les intervenants, de bénéficier équitablement de rendements financiers intéressants.

Pour le président de l’UPA, la situation actuelle ne peut plus durer. « Le secteur acéricole offre un réel potentiel de développement, spécialement pour les communautés rurales. Mais il est clair, a-t-il conclu, que l’état de désorganisation du marché ne permet même pas aux entreprises acéricoles d’être viables à long terme. La stabilité des prix et des approvisionnements doit passer par la mise en place d’une agence de vente, et ce, le plus tôt possible. À cet égard, cet arbitrage de la Régie n’est qu’une première étape ».

Rappelons que, le 15 février dernier, la Régie rendait une décision concernant la demande de la Fédération pour commercialiser et transformer le produit visé par le plan conjoint qu’elle applique. Elle a choisi alors de renvoyer producteurs et acheteurs face à face, les enjoignant de créer un groupe de travail spécial, chargé de négocier une solution. Les discussions ont achoppé, d’où le retour en arbitrage devant la Régie.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)

http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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