Les recettes agricoles montent, mais elles reculent au Québec

Ottawa (Ontario), 13 août 2001 – Les recettes des éleveurs de bétail ont augmenté durant la première moitié de 2001. Toutefois, les recettes des cultures sont restées inchangées après avoir diminué pendant quatre périodes de janvier à juin consécutives.

Les recettes des éleveurs de bétail, entraînées par la vigueur des marchés des bovins et des porcs, ont augmenté pour la troisième période de janvier à juin consécutive pour atteindre 9,3 milliards de dollars. Il s’agit d’une hausse de 12,0 % par rapport à la même période de 2000 et d’une augmentation de 27,1 % par rapport à la moyenne quinquennale précédente (1996 à 2000).

Les recettes des cultures, se chiffrant à 6,7 milliards de dollars, sont demeurées relativement inchangées durant la première moitié de 2001 comparativement à la même période en 2000. Toutefois, les recettes des cultures étaient de 5,3 % inférieures à la moyenne quinquennale précédente, la diminution des livraisons pour certains des principaux produits ayant annulé la hausse récente des prix.

Les agriculteurs ont tiré 17,7 milliards de dollars de la vente de produits agricoles et des paiements de programme dans la première moitié de 2001, en hausse de 16,8 % comparativement à la moyenne quinquennale précédente.

Toutefois, ce total, qui est en hausse de 8,4 % par rapport à la première moitié de 2000, ne révèle que la moitié de la situation. Les recettes monétaires constituent une mesure globale du revenu brut des exploitations agricoles. Elles ne tiennent pas compte des dépenses engagées par les agriculteurs. En outre, les recettes monétaires peuvent varier considérablement d’une exploitation agricole à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont les produits, les prix et les conditions climatiques.

Les données sur les recettes monétaires dans le présent communiqué ne font pas état des résultats financiers pouvant découler des conditions climatiques extrêmes qui ont touché les producteurs durant la saison de croissance de 2001. Les effets de la production des cultures et des ventes de cette année apparaîtront dans la deuxième moitié de 2001 et la première moitié de 2002. Les recettes monétaires agricoles des six premiers mois de 2001 pourraient ne pas représenter les résultats définitifs pour l’année. Statistique Canada publiera demain le 28 août un communiqué sur la production des grandes cultures.

Les paiements de programme ont atteint 1,7 milliard de dollars dans les six premiers mois de 2001, en hausse de 351 millions de dollars par rapport à la même période de 2000. La majeure partie de cette progression a été attribuable à l’augmentation des paiements d’assurance-récolte et des programmes d’aide en cas de catastrophe liée au revenu agricole qui s’ajoutent aux 190 millions de dollars versés en vertu de trois programmes à paiement unique en Ontario.

Les hausses les plus marquées des recettes monétaires agricoles ont été observées au Manitoba (+19,5 %), en Alberta (+11,8 %) et en Saskatchewan (+11,5 %). La plus forte baisse est survenue au Québec (-3,4 %), conséquence d’un recul des paiements versés en vertu de programmes provinciaux de stabilisation.

Les recettes provenant du bétail poursuivent leur progression grâce à la vigueur soutenue de la demande de boeuf et de porc
Les recettes provenant des bovins et des veaux ont dépassé les 3,8 milliards de dollars au cours de la période de janvier à juin 2001, en hausse de 17,6 % par rapport à la même période de 2000 et de 39,4 % par rapport à la moyenne quinquennale précédente. La vigueur soutenue de la demande de boeuf a contribué à un accroissement des prix de 12,3 % par rapport à la première moitié de 2000. Les recettes provenant des bovins d’abattage ont monté, les hausses de prix ayant largement compensé la baisse du nombre de bovins vendus. Les revenus provenant des bovins vendus sur le marché international ont crû de 45,8 %, résultat de l’augmentation des prix et des ventes.

Une augmentation de 15,4 % a porté les recettes porcines à 1,9 milliard de dollars pour les six premiers mois de 2001, soit 40,6 % de plus que la moyenne quinquennale précédente pour cette période. Les deux tiers de l’augmentation venaient des revenus générés par l’abattage de porcs au Canada à la faveur d’une augmentation des prix et des ventes. Les marchés d’exportation des États-Unis n’ont rien perdu de leur importance pour l’industrie porcine du Canada. Les recettes provenant des exportations de porcs vendus sur le marché international ont dépassé de 41,5 % leur niveau de la première moitié de 2000.

Les recettes dans les secteurs assujettis à la gestion de l’offre ont augmenté également dans la première moitié de 2001. Les revenus totaux tirés du lait et de la crème ont progressé de 2,7 % pour atteindre 2,1 milliards de dollars pour la période de janvier à juin 2001, conséquence d’une augmentation des prix et des ventes.

Les recettes tirées de la volaille ont augmenté de 5,2 % pour atteindre 840 millions de dollars au cours de la première moitié de 2001. L’accroissement des ventes de poulets et l’augmentation des prix des poulets et des dindons et dindes ont dominé cette progression.

Les recettes des cultures demeurent relativement inchangées, la diminution des livraisons ayant annulé la hausse des prix
De janvier à juin, les recettes du maïs ont baissé de 31,2 % pour se chiffrer à 236 millions de dollars, la baisse des ventes ayant plus qu’effacé la hausse des prix. L’ensemencement tardif, un été frais et la pluie au temps des récoltes ont provoqué une baisse de production de 25,5 % en 2000, après les records établis en 1998 et 1999. La diminution de l’offre intérieure a fait monter les prix, mais l’abondance de l’offre en provenance des États-Unis a ralenti la hausse.

Les recettes du blé (sauf le blé dur) sont tombées à 1,2 milliard de dollars, résultat d’une baisse de 14,8 % des livraisons, alors que les prix (+5,1 %) et les paiements de la Commission canadienne du blé (+2,1 %) ont augmenté. La baisse de production en 2000 a donné lieu à une diminution des livraisons en 2001 et à un recul des exportations. De même, à cause de l’abondance de l’offre de blé sur le marché mondial, la demande de blé canadien est demeurée faible.

Les recettes du tabac ont subi un repli de 44,4 % qui les a ramenées à 92 millions de dollars. La diminution s’explique par une baisse de la production, qui est tombée à un niveau répondant tout juste à la demande, malgré la bonne qualité de la récolte et une hausse de prix de 16,1 % par rapport à la même période de 2000.

Au cours des deux premiers trimestres de 2001, les recettes du soya ont baissé de 17,5 % pour se chiffrer à 273 millions de dollars, en raison de la diminution des livraisons (-15,5 %) et des prix (-2,2 %).

À l’inverse, les nouvelles ont été meilleures pour les producteurs de canola et d’orge. Les recettes du canola ont progressé de 39,6 % pour atteindre 917 millions de dollars pour la période de janvier à juin 2001. Les livraisons se sont accrues de 30,8 % et les prix ont monté de 6,7 %. Les ventes du début de 2001 à la Chine, qui achète normalement du canola au cours de l’été et de l’automne, ont contribué pour beaucoup à la croissance d’ensemble des livraisons.

Les recettes de l’orge ont atteint 364 millions de dollars, en hausse de 26,4 % par rapport à la première moitié de 2000. Les prix (+21,8 %) et les ventes (+9,9 %) ont monté, tandis que les paiements de la Commission canadienne du blé sont demeurés relativement inchangés (-1,5 %). Le resserrement des approvisionnements d’orge fourragère dans les provinces de l’Ouest a propulsé les prix. Les prix ont aussi monté dans le cas de l’orge brassicole vendue à des pays étrangers, tandis que les livraisons n’ont à peu près pas changé. Les exportations internationales d’orge fourragère ont augmenté à la faveur de la vigueur des ventes à des pays du Moyen-Orient comme l’Arabie saoudite et l’Iran.

Les paiements de programme poursuivent leur progression

Les agriculteurs ont reçu 1,7 milliard de dollars en paiements de programme au cours des six premiers mois de 2001, en hausse de 26,3 % par rapport à la même période de 2000. Ce total était plus de deux fois supérieur à la moyenne quinquennale précédente de 762 millions de dollars. Le gros de l’augmentation est attribuable à l’accroissement des paiements d’assurance-récolte et à ceux des programmes d’aide en cas de catastrophe liée au revenu agricole qui s’ajoutent aux 190 millions de dollars versés en vertu des programmes à paiement unique en Ontario.

Les paiements d’assurance-récolte ont presque triplé, pour atteindre 249 millions de dollars, résultat à la fois des mauvaises conditions de croissance et de la hausse des superficies et de la valeur des cultures assurées.

Les paiements en vertu du programme Aide en cas de catastrophe liée au revenu agricole (ACRA) et ceux des programmes provinciaux connexes ont atteint 370 millions de dollars au cours des six premiers mois de 2001. C’était près de deux fois plus qu’au cours de la même période en 2000.

Les producteurs de l’Ontario ont reçu 190 millions de dollars au titre du Paiement relatif à la stabilisation du revenu des producteurs de céréales de l’Ontario, du Paiement dans le cadre du programme Canada-Ontario des céréales et des oléagineux et du Paiement dans le cadre du programme Canada-Ontario des produits horticoles comestibles. Ces programmes à paiement unique visaient à compenser les pertes de revenu subies en 2000 du fait d’une combinaison de mauvais temps et d’effondrement des prix des produits.

Les paiements bruts en vertu des programmes provinciaux de stabilisation ont diminué de 35,2 % et se sont chiffrés à 230 millions de dollars pour la période de janvier à juin 2001, car les paiements ont été effectués plus tôt en 2000. Les producteurs de céréales (y compris le maïs) et de soya au Québec ont touché leur premier versement en mai 2000 plutôt qu’en décembre pour atténuer les problèmes de trésorerie durant une période de bas prix, ce qui a fait croître les paiements de programme dans la première moitié de 2000.

Note aux lecteurs

Statistique Canada ne fait pas de prévisions pour les recettes monétaires agricoles. Les données qui s’y rapportent sont fondées sur les données des enquêtes et les données administratives provenant de plusieurs sources.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des entreprises agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les fermes d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les recettes différées représentent les ventes de céréales et d’oléagineux livrés par les producteurs de l’Ouest, pour lesquelles les paiements ont été reportés jusqu’à l’année suivante. Étant donné que ces recettes sont fondées sur les livraisons effectuées, les paiements différés sont déduits des recettes monétaires agricoles de l’année civile en cours et inclus lorsqu’ils sont réalisés (voir la ligne «Réalisation des recettes différées» dans le tableau des recettes monétaires agricoles).

Les paiements de programme sont les paiements liés à la production agricole courante et versés directement aux agriculteurs. Mentionnons, à titre d’exemple, les paiements du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) et de la Loi sur l’assurance-récolte, ceux des programmes provinciaux de stabilisation et ceux qui sont versés en vertu de la Loi sur la Commission canadienne du lait. La série des paiements de programme ne vise pas nécessairement à englober tous les paiements effectués aux agriculteurs ni ne représente la totalité des dépenses des gouvernements se rapportant à tous les programmes d’aide.

Le programme Aide en cas de catastrophe liée au revenu agricole (ACRA) prend la forme de paiements aux agriculteurs admissibles et de crédits aux administrations provinciales pour les programmes destinés à venir en aide aux agriculteurs. Les recettes monétaires agricoles comprennent seulement les montants versés directement aux agriculteurs.

Le CSRN est formé de deux fonds. Le premier contient les dépôts des producteurs, tandis que le deuxième regroupe les contributions gouvernementales de contrepartie ainsi que tous les intérêts accumulés des deux fonds. Seuls les retraits des producteurs du deuxième fonds sont considérés comme des paiements dans les recettes monétaires agricoles.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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