L’initiative proAction ne touchera pas aux étables entravées

Malgré un appel à la réflexion des producteurs de lait sur l’avenir des étables entravées par la chercheure en bien-être animal Anne-Marie de Passillé, du Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, lors du Symposium sur les bovins laitiers du 30 octobre dernier, l’initiative proAction des Producteurs laitiers du Canada ne renfermera aucun incitatif pour éliminer les étables entravées.

Au Canada, 74% des fermes laitières sont de type entravées, contrairement à la stabulation libre. Au Québec, ce nombre est le plus élevé du pays : 91% des fermes laitières sont entravées.

Dans l’étude sur le confort des vaches coordonné que présentait Anne-Marie de Passillé au symposium, 100 des 240 ferme à l’étude étaient entravées. Les fermes provenaient de quatre provinces canadiennes, soit le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Voici un extrait de l’article Comment améliorer le confort des vaches ? publié dans le numéro de novembre 2013 du Bulletin des agriculteurs dans lequel Anne-Marie de Passillé explique son point de vue sur les étables entravées.

« En stabulation libre ou entravée, ça se ressemble beaucoup au point de vue de la boiterie et des blessures aux jarrets. Il y a clairement moins de blessures aux genoux et aux cous en stabulation libre. On ne peut pas dire que les vaches sont mieux en stabulation attachée. Je dirais que dans les deux systèmes, il y a des producteurs qui ont de super bons résultats et d’autres qui ont des points à améliorer. Les producteurs ne peuvent pas dire que les animaux sont mieux en stabulation entravée. Ce ne sont pas nos résultats. »

« Le futur de la stabulation entravée, il faut vraiment y réfléchir puisque de plus en plus le public n’est pas d’accord avec l’idée de garder les animaux attachés. Ce qui m’inquiète pour la stabulation attachée, c’est qu’en 2010, il y a eu un rapport réalisé au Québec par le MAPAQ, qui était basé sur la visite de plus de 100 fermes. Les résultats ressemblent beaucoup aux nôtres. Ça veut dire que durant cette période, il ne semble pas y avoir eu beaucoup de changement par rapport au confort des vaches. »

L’initiative proAction

L’initiative proAction touche à beaucoup plus d’aspects que le bien-être animal. En juillet dernier, les Producteurs laitiers du Canada ont accepté en assemblée générale la mise en place prochaine d’un programme de certification à six volets. Lors du Symposium sur les bovins laitiers, le premier vice-président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Denis Morin, en présentait les grandes lignes.

Des six volets de l’initiative proAction, trois sont déjà en place au Québec : la traçabilité, la salubrité par le programme LCQ (lait canadien de qualité) et la qualité du lait. Deux autres programmes sont au début du processus : le bien-être animal et la biosécurité. Le dernier volet, l’environnement n’est pas encore défini.

Du point de vue bien-être animal, la certification sera basée sur le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers produit en 2009 et qui a été envoyé à tous les producteurs laitiers du Canada. Denis Morin a tenu à réconforter les producteurs laitiers concernant les étables entravées : « Il n’est pas question d’obliger de changer ça », a-t-il dit.

Autre documentation : Mesures axées sur les animaux – Protocoles d’évaluation pour : blessures, propreté, état de chair et boiterie

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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