L’Opep serait prête à baisser ses quotas rapidement

Vienne (Autriche), 28 septembre 2001 – Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi, estime que l’Opep réduira si nécessaire sa production dans les prochaines semaines pour faire remonter les cours du brut, malgré les signes de récession économique.

Dans une interview accordée à Reuters, Naimi ajoute que l’Opep pourrait même réduire ses quotas de production avant sa prochaine réunion ministérielle, le 14 novembre.

Il ajoute que cette réduction pourrait dépasser les 500 000 barils par jour (bpj), volume stipulé par le mécanisme d’ajustement de l’organisation.

« Ça pourrait être plus », déclare Naimi, au lendemain de la décision de l’Opep de ne pas modifier ses quotas de production, à 23,2 millions de bpj pour dix pays membres.

« Nous prendrions sans doute cette décision par téléphone », ajoute-t-il, sans être plus précis tant sur une date que sur un volume. « L’OPEP ne peut se permettre de réagir trop vite aux événements mais beaucoup regardent les chiffres et notre décision sera mûrement réfléchie ».

En vertu du mécanisme d’ajustement mis en place par l’Opep en mars 2000, l’organisation a la possibilité de réduire ses quotas de 500 000 bpj si les cours du « panier Opep » (constitué de sept qualités de brut) passent sous les 22 dollars le baril pendant dix jours ouvrés successifs.

Le mécanisme prévoit aussi que l’Opep peut augmenter sa production d’autant si les prix sont supérieurs à 28 dollars le baril pendant 20 jours.

Naimi explique que l’Arabie saoudite et la plupart des autres pays producteurs ne sont pas satisfaits d’un prix de $21-$22 le baril pour le panier Opep.

« Le cours est primordial », dit-il. « Nous voulons un cours de $25 et nous entendons bien agir en ce sens ».

Iran et Koweït plus conciliants sur les prix

Naimi, ministre du Pétrole du plus gros et du plus influent producteur membre de l’Opep, adopte sur les cours une position plus radicale que certains autres pays du cartel, qui ont laissé entendre qu’ils pourraient s’accommoder de prix plus bas tant que subsistent les incertitudes économiques mondiales.

L’Opep a fait savoir que son « panier » avait légèrement augmenté jeudi à $20,68 le baril, contre $20,11 mercredi, mais qu’il se trouvait sous la fourchette des $22-$28 pour la quatrième journée consécutive.

Vendredi matin, sous l’effet des commentaires de Naimi, le contrat sur le Brent de mer du Nord a repris 44 cents à Londres à $22,23 le baril.

Dans la foulée des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, le panier Opep avait grimpé au-dessus de $27. Le reflux des cours a été provoqué un ralentissement de la demande, notamment en kérosène pour l’aviation.

L’Arabie saoudite, un pays modéré dans les rangs de l’Opep, se retrouve dans la position inhabituelle du « faucon » en matière de prix, non parce qu’elle insiste sur la nécessité de leur hausse mais parce que d’autres membres du cartel semblent avoir abandonné l’objectif officiel d’un cours à $25 le baril.

Jusqu’à cette semaine, l’organisation avait défendu avec succès cet objectif par une série de réduction des quotas. Mais aujourd’hui même l’Iran, habituellement le plus radical de l’Opep, déclare qu’il peut supporter des cours plus bas pendant un certain temps en raison des circonstances économiques.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a déclaré jeudi qu’il se satisferait d’un panier Opep à $22.

Le Koweït a été encore plus conciliant sur les prix en réaffirmant vendredi qu’il se contenterait de $21-$22 tant que persiste l’incertitude économique.

« Certains pays peuvent le supporter plus longtemps que les autres », a dit le ministre de l’émirat Adel al Soubaih. « Cependant, si cela continue à évoluer dans le même sens, il y aura consensus sur une réduction (des quotas) pour ajuster les prix ».

Source : AFP

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