L’Union paysanne appuie le boulanger-artisan Léandre Bergeron

Québec (Québec), 23 janvier 2002 – Depuis mardi dernier qu’il a commencé à les donner plutôt que de les vendre, les pains de l’artisan Léandre Bergeron s’envolent, paraît-il, … comme des petits pains chauds du marché d’aliments naturels La Semence de Rouyn-Noranda.

Soulagé de constater que les clients sont avec lui, le boulanger artisan a aussi reçu l’appui non équivoque de l’Union paysanne de Roméo Bouchard dans son bras de fer avec le ministère de l’Agriculture.

« L’inventaire s’envole deux fois plus rapidement que d’habitude, ajoute Déirdre Bergeron, fille aînée de Léandre Bergeron et gérante du magasin La Semence. Quatre-vingt pains le premier jour, quatre-vingt dix aujourd’hui. Il y a eu du monde sans arrêt et la moitié sont de nouveaux visages. »

Les pains, selon elle, sont partis entre 11 et 14 heures mardi comme mercredi, alors qu’en temps normal, les derniers se vendent en fin d’après-midi. « Il y a bien eu quelques profiteurs, mais la plupart des gens nous donnent de l’argent, de sorte que les rentrées sont plus importantes qu’auparavant. Mais mon père va maintenant devoir faire boulange en après-midi aussi. »

Un client manifestement familier des lieux confirmait, mardi matin, qu’il paierait pour sa part volontiers deux fois plus cher: « On n’en trouve nulle part ailleurs des pains semblables! »

En butte au Centre québécois d’inspection des aliments, qui le somme de se conformer aux règlements de la Loi sur les produits alimentaires, l’artisan boulanger et intellectuel en rupture de ban (ex-universitaire et auteur d’ouvrages à succès), Léandre Bergeron a choisi la confrontation et donne maintenant, puisqu’on lui interdit de les vendre, les pains de seigle, de blé entier, intégral, marocain, qu’il fabrique cinq jours par semaine depuis 17 ans pour une clientèle d’habitués.

L’Union paysanne s’est portée hier à sa rescousse en s’élevant contre « la situation dramatique et révoltante faite aux producteurs artisans dans toutes les productions et dans toutes les régions du Québec ».

On privilégie l’alimentation commerciale standardisée aux dépens des aliments naturels et de la liberté de choix des consommateurs, accuse le président, Roméo Bouchard, dans un communiqué.

« Le ministère de l’Agriculture, par son département d’inspection des aliments, continue de harceler les producteurs artisans avec des réglementations désuètes, inappropriés et injustes, dont l’objectif à peine voilé est de faire disparaître toute production artisanale au profit des grands monopoles commerciaux, sous prétexte qu’elles ne sont pas sécuritaires. »

« Ça n’est pas une question d’artisanal ou de pas artisanal », réplique, Frédéric Krikorian, attaché de presse du ministre de l’Agriculture Maxime Arseneau.

« Depuis un an il y a une volonté manifeste de développer les produits artisanaux. Au point qu’au Forum de St-Hyacinthe Solidarité rurale s’est félicitée qu’on reconnaisse enfin les produits du terroir. M. Arseneau vient en plus d’annoncer un million pour les produits biologiques. Mais la mission du MAPAQ consiste aussi à protéger la santé publique! »

Léandre Bergeron, lui, enterrerait volontiers la hache de guerre. Si « on avançait une solution peu dispendieuse et efficace pour l’ensemble des petits artisans. L’important c’est qu’on respecte la façon de produire! »

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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