Un acide aminé comme alternative aux antibiotiques chez les porcs sevrés

Une deuxième série d’essais prouve l’efficacité

Afin de réduire le stress lié au transport chez les porcelets sevrés, des chercheurs américains ont testé l’utilisation d’un acide aminé d’origine naturelle, appelé L-glutamine, en remplacement des antibiotiques.

Des premières études de laboratoire menées en 2017 avaient démontré que les porcelets nourris à la glutamine prenaient autant de poids que ceux traités aux antibiotiques, parmi les bienfaits sur la santé. Les chercheurs, dirigés par le spécialiste des animaux de Agricultural Research Service du USDA (Département de l’agriculture des États-Unis) Jay Johnson, souhaitaient essayer de reproduire ces résultats à plus grande échelle, tout en imitant le plus possible la réalité des fermes commerciales.

Articles connexes

Cette recherche, soutenue par le Conseil national du porc (National Pork Board), vise à fournir aux éleveurs des alternatives à l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance. En 2017, une loi fédérale a restreint leur utilisation.

Essais à grande échelle

Au cours des essais à grande échelle, des groupes de porcelets ont été transportés dans une porcherie située à 12 heures de route de leur lieu de sevrage afin de simuler le type de stresse pouvant être subi en condition commerciale. Un tel transport peut avoir un impact négatif sur le système immunitaire, l’appétit et le poids du jeune animal.

En pouponnière, les porcelets ont été séparés en trois groupes ayant chacun un traitement différent. Dans l’un, les porcelets étaient nourris avec un aliment contenant l’antibiotique chlortétracycline. Dans l’autre, l’antibiotique était remplacé par la glutamine. Et dans le troisième groupe, l’antibiotique et la glutamine n’étaient pas ajoutés à l’aliment. C’était le groupe témoin.

Parmi les résultats publiés dans le Journal of Animal Science du 29 mai:

  • Les porcelets nourris à la glutamine ont pris du poids, de même que le groupe antibiotique, mais ont montré moins de signes de lésions intestinales dues à des agents pathogènes.
  • Les membres du groupe de la glutamine étaient également un peu moins agressifs dans les enclos contenant des portées mixtes que ceux recevant l’antibiotique.
  • Par rapport au groupe témoin, les porcelets traités à la glutamine et aux antibiotiques ont présenté des taux plus faibles d’un marqueur biochimique de l’inflammation et de l’activité du système immunitaire pouvant utiliser l’énergie et détourner des besoins de croissance de l’animal.
  • La qualité de la viande des porcs du groupe de la glutamine prêts à être commercialisés n’était pas différente de celle du groupe des antibiotiques ou du groupe témoin.

Jay Johnson dit que d’autres recherches porteront sur le fonctionnement de la glutamine pour favoriser la croissance et le bien-être des porcelets après le sevrage et le transport.

Source : ARS/USDA

PHOTO : MARIE-JOSÉE PARENT

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires