L’UPA solidaire des producteurs de l’Ouest dans le dossier de la Commission canadienne du blé

Longueuil (Québec), 24 janvier 2007 – « Nous appuyons le combat que mènent actuellement les producteurs de grains de l’Ouest canadien qui veulent préserver la Commission canadienne du blé (CCB). » C’est ce qu’a déclaré lundi le président de l’Union des producteurs agricoles, M. Laurent Pellerin, à l’issue de la rencontre, qualifiée de franche et de constructive, qu’il a eue à Longueuil avec les porte-parole de Real Voice For Choice, l’organisme qui milite en faveur du maintien de ce guichet unique. « Les agriculteurs doivent pouvoir continuer à décider eux-mêmes, de façon démocratique, des méthodes de mise en marché de leurs produits : c’est un principe inaliénable » a poursuivi monsieur Pellerin.

Quand la CCB a été créée il y a 70 ans, il s’agissait de doter les producteurs d’un outil qui allait leur procurer un vrai rapport de force dans le marché, ce choix est toujours aussi pertinent aujourd’hui sinon davantage, a rappelé monsieur Larry Bohdanovich de Real Voice For Choice. Pourquoi, alors qu’il y a une baisse du revenu généralisée en agriculture, vouloir empêcher les producteurs d’exercer ce rapport de force? Pour satisfaire aux pressions de la concurrence des multinationales? Pour faire plaisir aux Américains, qui ne manquent jamais d’en découdre sur le dos de la CCB dans l’arène de l’OMC?

En outre, chaque fois qu’un système collectif de mise en marché agricole a été démantelé, les producteurs ont vu leurs revenus diminuer. Le phénomène se vérifie partout, ici même, dans notre pays, comme à l’étranger. Qui plus est, les agences de mise en marché volontaire – c’est ce que l’actuel gouvernement fédéral veut instaurer en lieu et place de la CBB – finissent invariablement par échouer, puisque les producteurs perdent le rapport de force qui les faisaient bénéficier de meilleures conditions de vente du marché.

Depuis sa création, la CCB permet aux céréaliculteurs de tirer du marché un revenu plus élevé et plus équitable, de garantir à l’industrie agroalimentaire des approvisionnements stables et prévisibles en plus d’offrir aux importateurs internationaux des produits de très grande qualité à des prix qui font la réputation du Canada.

L’entêtement du gouvernement fédéral à affaiblir cet outil collectif qu’est la CCB ne va-t-il pas dans le même sens que certaines déclarations émanant de porte-parole du gouvernement – et par la suite démenties – qui, peu avant les Fêtes, remettaient en question l’avenir de la mise en marché collective et de la gestion de l’offre au Canada?

Rappelons qu’au sens de la loi sur la CCB (art. 47.1), toute décision visant à modifier le commerce interprovincial des grains ou leur exportation doit faire l’objet d’un vote par les céréaliculteurs. Si cet outil précieux que constitue la mise en marché collective des produits agricoles a largement fait ses preuves dans le passé, il est plus pertinent que jamais dans un contexte de mondialisation et de concentration des marchés.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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