Premier été en pâturage intensif

À l’été 2010, les veaux de la ferme Félicien Cardin mangeaient de la ration totale mélangée dans une cour d’exercice. Un an plus tard, ils récoltaient eux-mêmes leur ration au pâturage. « Ils sont plus beaux, moins sales et ils ont un plus beau poil lorsqu’ils sont nourris au pâturage », remarque Jean-François Cardin, producteur vache-veau à Saint-Bonaventure, au Centre-du-Québec. Pour un éleveur en race pure, Charolais, cet aspect a de l’importance. De plus, les gains de poids et l’économie en grains sont appréciables.

Située à quelque 20 km de Drummondville, la municipalité de Saint-Bonaventure compte de belles terres planes propices aux productions céréalières. Difficile d’imaginer qu’un producteur choisisse d’en transformer une partie en pâturage, encore moins d’en agrandir la superficie. C’est pourtant ce à quoi Jean-François Cardin a jonglé tout l’hiver. Les résultats de son premier été de pâturage intensif l’ont fait rêver.

Le projet

À la sortie des animaux de la bande broutée, l’herbe mesure 10 cm (4 po) de haut comme le démontre la carte de crédit déposée dans ce champ.

À l’été 2010, une nouvelle prairie de 47 ha est semée sur la Route 122. Jean-François Cardin pense la transformer en pâturage. Une conférence sur les pâturages intensifs présentée dans la région l’hiver suivant le convainc. Il contacte son agronome au MAPAQ, Véronique Poulin, qui lui propose un plan.

La nouvelle prairie est transformée en pâturage en bande. Chaque deux jours, une nouvelle bande de pâturage est servie aux 30 couples vaches-veaux pour le groupe de vaches vêlées en décembre. De la clôture permanente est installée pour former cinq pâturages permanents. Une parcelle irrégulière est réservée aux taures. Une ligne d’eau est montée de derrière la maison. Des attaches rapides à tous les 100 m sont prévues pour s’assurer que les vaches aient toujours accès à l’eau dans leur parcelle. Un abreuvoir sur roues est déplacé en même temps que les vaches.

À l’entrée, l’herbe mesure 20 cm (8 po) de haut.

« Le but est de faire entrer les animaux à 20 cm (8 po) d’herbe et les sortir à 10 cm (4 po), explique Jean-François Cardin. De cette façon, ça retige plus vite. Il y a moins de rendement si les animaux broutent la repousse. Ça équivaut au rendement en foin. » Sans avoir à sortir la faucheuse! En début d’été, l’herbe pousse vite. Une partie des pâturages est récoltée mécaniquement. Une autre partie est broutée rapidement par les bovins.

La grandeur de la parcelle et la vitesse de changement sont adaptées pour respecter le 20 cm à l’entrée et le 10 cm à la sortie. « Les producteurs me disent : “Il faut que t’ailles bouger la clôture tous les deux jours !” Mais j’allais de toute façon leur porter des balles rondes », explique Jean-François Cardin.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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