Rappel de viande de porc fraîche : l’efficacité des systèmes de traçabilité est démontrée

Montréal (Québec), 27 septembre 2000 – Au cours des derniers jours, un cas isolé a amené l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) à rappeler un lot de viande de porcs abattus le 18 septembre au Québec. A titre préventif, l’ACIA a avisé le public d’éviter de consommer du porc à l’état frais acheté entre le 19 et le 25 septembre chez certains détaillants québécois et ontariens, compte tenu que des traces d’un résidu de médicament pouvaient se retrouver dans un nombre très restreint de pièces de viande. Les volumes en cause sont minimes, soit 5 % (10 tonnes) de l’abattage d’une journée (200 tonnes). De cette quantité, le système a déjà permis de rappeler 95 % de la viande, incluant tous les produits transformés.

« Cet incident mineur, issu d’une erreur humaine, a tout de même exigé le déploiement de mesures exceptionnelles. Ce qui démontre qu’au Canada et au Québec, le système en place pour retracer rapidement un produit agroalimentaire est efficace et protège bien les consommateurs québécois », a expliqué d’entrée de jeu M. Clément Pouliot, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.

Les intervenants de la production porcine québécoise sont extrêmement sensibles à la qualité et à la salubrité de leur produit et ils sont conscients du niveau d’exigence élevé des consommateurs. M. Pouliot a indiqué que les événements des derniers jours, bien que sans conséquence grave, donnent un signal clair pour maintenir les mécanismes de suivi en place, mais surtout pour continuer de les optimiser. « En tant qu’industrie responsable, nous comptons bien poursuivre les démarches entreprises pour améliorer les outils de contrôle et de traçabilité de façon à les rendre encore plus performants », de préciser celui-ci.

La production porcine québécoise est une des productions les mieux contrôlées au monde. A preuve, la viande de porc du Québec est reconnue mondialement pour sa qualité et est exportée dans les pays les plus exigeants tel le Japon. Tout commence à la ferme, où les pratiques d’élevage suivent des règles très strictes au chapitre des soins aux animaux, notamment en ce qui a trait à leur alimentation et aux traitements prodigués. D’ailleurs, sur ce point, il est important de mentionner que tout traitement aux animaux est prescrit par un médecin vétérinaire qui se charge de suivre les animaux traités y compris la période de retrait. A l’arrivée à l’abattoir, un suivi serré de la qualité et de la salubrité de l’animal est aussi effectué par des spécialistes dont des vétérinaires. Tout y passe pour valider les contrôles mis en place à la ferme : la pesée, l’inspection visuelle, l’examen des viscères, les mesures de gras et d’épaisseur des muscles. Le producteur obtient d’ailleurs une prime liée à la qualité pour chacun de ses porcs.

« Bien entendu, personne n’est à l’abri d’erreurs humaines. Cependant, nous voulons les réduire au minimum », d’énoncer le président de la Fédération. Actuellement, les normes HACCP (Hazardous Critical Control Point) issues du programme Assurance qualité canadienne(MC) sont implantées sur toutes les fermes porcines québécoises. Ce processus permet aux producteurs de mieux contrôler les risques pouvant survenir lors de la production. Les registres de contrôle qu’ils doivent remplir et suivre ont pour but de ne rien laisser au hasard, surtout aux étapes les plus critiques de l’élevage. De plus, un protocole de certification est en cours d’élaboration avec le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). « Cette reconnaissance officielle maintiendra notre statut de haut standard de qualité sur le plan international », de conclure M. Clément Pouliot.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)

http://www.cfia-acia.agr.ca/

Le Porc du Québec

http://www.leporcduquebec.qc.ca/

Commentaires