Vente de boissons artisanales au Marché des saveurs du marché Jean-Talon : clarification

Montréal (Québec), 18 janvier 2006 – La Corporation de gestion des marchés publics de Montréal (CGMPM), en tant que locateur de l’entreprise le Marché des saveurs du Québec au marché Jean-Talon, tient à clarifier la situation commerciale de l’entreprise, qui lui permet depuis son ouverture de vendre légalement, selon les normes et dispositions de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ), des boissonsartisanales dans sa boutique. Ainsi, les arguments avancés à la RACJ ne sontpas tout à fait justes. En voici la démonstration claire.

A son ouverture en juillet 2000, le Marché des saveurs du Québec a signédeux baux distincts avec la CGMPM. Le premier bail est consacré uniquement àla vente de boissons artisanales, lesquelles sont situées dans un local dédiéuniquement à la vente de celles-ci. Ce premier bail ne nécessite pas de permisd’épicerie. Ainsi, les producteurs artisans ne contreviennent pas aux normesde la RACJ et peuvent vendre en toute conformité des boissons artisanales. Le2e bail, quant à lui, est consacré à la vente de bières de micro-brasseries etde produits du terroir, et ces produits sont situés dans un local séparé dupremier. Dans ce bail est inclus un permis d’épicerie.

Cette clarification des arguments de la régie amène la CGMPM à demander àla RACJ de revenir rapidement sur sa décision afin d’autoriser à nouveau lesproducteurs à vendre des boissons artisanales dans l’espace qu’ils occupent auMarché des saveurs.

Petits producteurs en péril
L’interdiction de la RACJ met en péril le gagne-pain de plusieurs petitsproducteurs artisans, qu’ils soient cidriculteurs ou viticulteurs. En effet,ceux-ci ne peuvent pas tous louer un étal dans un marché public, question derevenus, de personnel, de proximité ou autre. Le système mis en place par leMarché des saveurs, au marché Jean-Talon, leur permettait de sous-louer unespace dans le local dédié à la vente de boissons artisanales et de vendreainsi leurs propres produits. Il s’agit là d’une vitrine exceptionnelle qu’ilsne peuvent trouver ailleurs. Avec la décision de la RACJ, l’Hydromellerie LeClos des Brumes en Montérégie vient carrément de perdre 25% à 30% de sesrevenus. Et Pierre Gosselin, le propriétaire, de mentionner : « L’impact estdirect. Déjà, 2 de mes employés n’ont plus de travail car je vais faire moinsd’embouteillage de produits. Je tiens à rester en région et promouvoir mesproduits régionaux en milieu urbain. Ma présence au Marché des saveursm’assurait la pérennité de mon entreprise. Maintenant, je suis coincé. Je suispourtant un producteur agricole. Cet impact se répercutera ailleurs dans tousles autres marchés publics au Québec », déplore-t-il.

La situation est la même au Domaine Acer, entreprise située dans leTémiscouata. Selon la propriétaire Nathalie Decaigny, son entreprise perd de25% à 30% de ses revenus. « Le Marché des saveurs nous permettait d’avoir accèsà une vaste population urbaine, le principal marché pour écouler nos produits.Etant situés à 550Km de Montréal, nous ne pouvons pas aller au marché Jean-Talon chaque fin de semaine. Rendez-vous compte! Il n’y a que 5000 visiteursqui passent à Auclair durant l’année. Je ne peux pas faire vivre ma familleavec ça. La SAQ n’est pas un débouché pour nos produits puisque je devraisvendre mes bouteilles au double du prix. Par exemple, au marché des saveurs,nous vendions une bouteille de Val Ambré 19$. A la SAQ, ce serait 36$. A ceprix-là, les gens ne voudront pas acheter nos produits », expliquelaconiquement Mme Decaigny. Tout comme M. Gosselin, Mme Decaigny est coincéechez elle, sans plus de débouchés. Pourquoi encourager les gens à produires’il n’y a plus de débouchés, se demande-t-elle?

Selon Isabelle Drouin, co-propriétaire du Marché des saveurs, desviticulteurs ou cidriculteurs devront fermer boutique car ils n’ont plus delieux pour vendre leurs produits, ne pouvant eux-même assurer une présenceconstante dans un marché public. Ainsi, la décision néfaste de la RACJ met enpéril des emplois et un développement régional formidable qui s’était mis enplace depuis quelques années dans plusieurs régions du Québec, suite àl’engouement des Québécois pour découvrir et se procurer de véritablesproduits issus d’un terroir particulier.

La mission des marchés publics
Les marchés publics ont toujours été là pour offrir une place à desagriculteurs, des petits producteurs ou transformateurs artisans afin qu’ilspuissent vendre directement leurs produits à une clientèle, de plus en plusnombreuse, qui privilégie ce type d’achats. La RACJ vient de bloquer l’accès àde nombreux petits producteurs agricoles dans un marché public, via le Marchédes saveurs. Qu’est-ce qui viendra après?

Le Marché des saveurs du Québec a contribué de façon unique audéveloppement et à la reconnaissance des produits du terroir du Québec. Il estun pionnier en la matière et nous sommes fiers de les avoir accueillis etd’avoir accepté leur projet inusité en 2000. Nous, de la CGMPM, espérons quel’entreprise retrouvera bientôt l’autorisation de vendre des boissonsartisanales, comme cela a toujours été le cas en toute légalité. Aussi, nousinvitons les gens à se rendre au Marché des saveurs du Québec afin de signerune pétition, laquelle sera remise à la RACJ. Nous demandons aussi auxviticulteurs et cidriculteurs d’accentuer les pressions envers cetteorganisation afin de faire valoir leur droit d’être présents dans un marchépublic.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Marchés publics de Montréal
http://www.marchespublics-mtl.com/

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