7 étapes pour bien réussir nos réductions de pesticides

Ce que certains consommateurs recherchent n’est pas automatiquement collé aux performances ou avantages agronomiques

Notre troisième année de projet pilote sur la réduction de pesticides est terminée. Un peu déçu de nos performances 2019. Aucune amélioration coté IRS (indice de risque santé de l’utilisateur) et de nos IRE (indice de risque environnemental). Statut quo! On a quand même réussi à réduire de 3 % additionnel sur nos matières actives utilisées à l’hectare.

Sur l’ensemble du projet on est content de notre expérience. En fait, faut dire qu’on débutait avec un système qu’on croyait déjà allégé coté pesticides. Malgré tout on est quand même parvenu à réduire d’un peu plus de 30 % sur trois ans. Preuve qu’on pouvait faire mieux. Minimum du projet réussi mais on n’a pas atteint l’objectif personnel de 40 % qu’on s’était fixé. Ce n’est sûrement pas parce que le projet pilote est terminé qu’on va baisser les bras. Je réalise que les premières étapes étaient les plus faciles à faire. Maintenant, on tombe dans les détails plus minutieux. Ça se corse, c’est plus compliqué. J’observe nos performances champ par champ. Quel sont les endroits où je peux m’améliorer? Aucun insecticide sur l’ensemble de la ferme, fongicide semence sur seulement 20 % des surfaces, déjà de bon pourcentage de surface pulvérisé en bande. Quand j’observe mon programme soya je réalise qu’en fait je produis du soya non-OGM pour alimentation humaine. Du coup, je constate que produire du soya non-OGM implique que mes champs soient beaucoup moins performants coté IRS et IRE. Le fait d’utiliser une plante OGM me permettrait d’appliquer le controversé glyphosate qui, lui, me permettrait de traiter la culture avec un IRS 16 et IRE 1. Toute une différence si je décide de pulvériser du Basagran qui possède un IRS 155 et un IRE 23. Ouin! Ce que certains consommateurs recherchent n’est pas automatiquement collé aux performances ou avantages agronomiques. J’essaie donc de viser l’équilibre.

Ce que je retiens de notre démarche de réduction de pesticides :

  1. Être motivé à le faire.
  2. Faire un portrait de départ et se donner des objectifs raisonnables.
  3. Noter nos observations et marcher régulièrement nos champs.
  4. Connaître nos mauvaises herbes présentes et bien connaître les produits.
  5. Prendre le temps de bien mesurer Nos IRS et IRE qui sont bien différents d’un produit à l’autre pour atteindre les mêmes mauvaises herbes.
  6. S’assurer de maximiser la pulvérisation (période, stade, qualité boullie, calibration, bon jet, bonne pression, etc.).
  7. Rester curieux et innover dans la façon d’intervenir aux champs. Rotation, dépistage agressif, fractionnement des produits, traitement localisé.

Avec ça on devrait encore s’améliorer.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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