Attention: ravageurs signalés dans le soya

Quelques cas d’infestation de méloé cendré et de criquets ont été rapportés au Québec dans le soya, selon le Réseau d’avertissement phytosanitaires. Le temps chaud et sec dans les régions les plus au sud ne serait pas étranger à cette situation.

C’est au stade adulte que le méloé cendré peut causer des dommages en s’alimentant sur les légumes, le trèfle, la luzerne et le soya. Au Québec, le méloé cendré complète une génération par année. Il n’est pas recommandé de traiter pour le contrôler.
Méloé cendré au stade adulte Source`Laboratoire de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ

Méloé cendré au stade adulte
Source`Laboratoire de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ

Dommages causés au soya par le méloé cendré Source: Isabelle Hardy, agronome, Club Yamasol

Dommages causés au soya par le méloé cendré
Source: Isabelle Hardy, agronome, Club Yamasol

Les criquets, appelés souvent « sauterelles » au Québec, sont des défoliateurs qui sont favorisés par des épisodes de temps sec et chaud. Bien que ces insectes causent  rarement des dommages économiques au Québec, le soya est l’une des premières cultures affectées durant les années de fortes infestations.

Différentes espèces de criquets: photo de gauche: criquet birayé (Melanoplus bivittatus) photo du milieu: criquet à pattes rouges (Melanoplus femurrubrum) photo de droite: Criquet voyageur (Melanoplus sanguinipes) Source: Laboratoire de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ

Différentes espèces de criquets: photo de gauche: criquet birayé (Melanoplus bivittatus) photo du milieu: criquet à pattes rouges (Melanoplus femurrubrum) photo de droite: Criquet voyageur (Melanoplus sanguinipes)
Source: Laboratoire de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ

Dommages causés par les criquets Source: André Rondeau, MAPAQ

Dommages causés par les criquets
Source: André Rondeau, MAPAQ

Comme il est souvent difficile d’observer les insectes défoliateurs, on préconise d’utiliser un seuil d’intervention basé sur le pourcentage de défoliation et le stade de croissance de la culture. Cette approche permet de considérer la grande tolérance des jeunes plants de soya à la défoliation en début de saison.

Aucun seuil d’intervention n’existe pour le Québec dans la culture du soya. Certains États américains, comme l’Ohio, préconisent un seuil d’intervention de 40 % de défoliation pour les plants au stade végétatif, et un taux de défoliation de 20 % par la suite, jusqu’à la période de maturation des grains.

Les seuils préconisés en Ontario et dans plusieurs États américains, pour les insectes défoliateurs en général, sont les suivants :

-Stade végétatif : 30 %
-Floraison et remplissage des gousses : 15 %
-Remplissage des gousses à la maturité : 25 %

Source : Martin Rice, Université de l'Iowa

Source : Martin Rice, Université de l’Iowa

La plupart des gens ont tendance à surévaluer le pourcentage de défoliation. Les deux photos du bas du montage photographique ci-contre montrent des pourcentages de défoliation de 25 et de 30 % sur une seule foliole. Or, il faut tenir compte de la moyenne de défoliation observée sur toutes les folioles du plant pour évaluer la pertinence d’intervenir.

Lorsque les feuilles du haut du plant sont fortement affectées, celles-ci laissent alors passer davantage de lumière vers les feuilles situées à un niveau inférieur de la canopée. Ces dernières compensent alors les pertes par une photosynthèse accrue en recevant plus de lumière.

Il faut également tenir compte du pourcentage total de défoliation causé par tous les insectes défoliateurs dans la décision d’intervenir avec un insecticide. Si le feuillage est déjà gravement affecté par d’autres insectes défoliateurs, c’est le pourcentage total de défoliation qui doit être considéré pour le seuil d’intervention.

Seuil d’intervention
Afin d’estimer les seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs, il faut calculer le pourcentage de défoliation pour chaque champ de soya. En dix points du champ, prélever d’une à trois feuilles trifoliées dans le milieu du feuillage de cinq plants. Jeter la foliole la moins endommagée et la foliole la plus endommagée de chacune des feuilles trifoliées. Comparer les folioles restantes au montage photographique ci-dessus, et déterminer le pourcentage moyen de défoliation.

Traitements insecticides
Très peu de matières actives sont homologuées pour lutter contre les insectes défoliateurs du soya. Il n’y a aucun produit homologué pour lutter contre les altises, et un seul produit (CONCEPT) contenant deux matières actives (deltaméthrine et imidaclopride) d’homologué pour lutter contre le scarabée japonais dans la culture du soya. Vous pouvez obtenir plus d’information sur ce traitement en consultant SAgE pesticides.

Il est à noter que ce produit pourrait nuire aux populations d’ennemis naturels du puceron du soya. Cet aspect doit être pris en compte dans la décision d’effectuer ou non un traitement, car à cette période de la saison, un traitement inutile pourrait favoriser une infestation plus sévère de ce ravageur.

Il est donc recommandé d’évaluer adéquatement l’importance des symptômes de défoliation avant de prendre la décision de traiter un champ. Il est rare qu’un insecte défoliateur cause des dommages assez importants dans un champ pour justifier un traitement. De plus, CONCEPT est très toxique pour les abeilles exposées directement à ce produit ou à ses résidus sur les cultures et les mauvaises herbes en fleurs.

Source: RAP

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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