Trois points à retenir du Grain World 2017

L’événement Grain World a réuni en novembre dernier à Winnipeg des conférenciers canadiens et internationaux issus de l’industrie céréalière. Parmi les sujets abordés se trouvait les perspectives de 2018 concernant les secteurs des légumineuses, des oléagineux et des céréales secondaires à l’échelle mondiale.

Leigh Anderson, économiste agricole principal de Financement agricole Canada a distingué trois tendances principales qui auront des répercussions pour les producteurs de céréales du pays. Ces tendances devraient avoir un impact d’un océan à l’autre puisqu’elles concernent les céréales les plus produites au pays.

  1. Forte demande pour les oléagineux

Malgré la hausse de production, « la demande mondiale d’oléagineux continue de croître plus rapidement que l’offre », relève M.Anderson. Selon les prévisions, deux millions d’acres supplémentaires seront nécessaires chaque année pour satisfaire la demande, soit une excellente nouvelle pour les producteurs canadiens de soya et canola estime l’économiste.

  1. Les céréales ne sont pas toutes à la baisse

Les réserves de blé ont atteint des niveaux records qui mettent les prix sous pression. Le blé produit au pays pourrait toutefois mettre à profit certains créneaux dont celui du blé riche en protéines dont l’offre est insuffisante en ce moment par rapport à la demande. L’économiste fait aussi valoir que « les stocks de blé ne sont pas aussi serrés que cela si l’on exclut la production chinoise ».

Quant au maïs, il est en effet abondant au niveau mondial mais la demande est vigoureuse pour la céréale. La Chine joue un rôle important à ce niveau. Elle l’utilise de plus en plus pour nourrir les animaux, dans l’alimentation humaine et le secteur industriel. Le pays a en effet adopté une politique à l’égard des biocarburants visant à adopter l’essence E10, ce qui donne un coup de pouce à la demande de maïs.

  1. Les légumineuses présentent toujours des possibilités à long terme

L’entrée en vigueur de nouveaux tarifs douaniers imposés par l’Inde envers les pois et lentilles aura une incidence sur les prix qui devraient fléchir. En conséquence, les stocks devraient augmenter ainsi que les superficies consacrées aux légumineuses. Toutefois, l’économiste ajoute que « la demande de protéines végétales est en hausse partout ». Des investissements dans le secteur devraient aider à diversifier les marchés et consolider l’industrie.

En résumé, Leigh Anderson entrevoit une baisse de la production de lentilles et pois en raison des tarifs imposés par l’Inde, ce qui devrait mener de nombreux producteurs à se tourner vers le canola et le soya en 2018. Malgré cela, l’augmentation de ces productions ne devrait pas avoir d’incidence sur les prix puisque la demande demeure forte pour ces denrées.

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