Usure des pneus par les résidus

Les hybrides de maïs d’aujourd’hui font des tiges qui résistent aux insectes, à la moisissure et aux vents forts. Cela contribue à leur rendement, mais les dommages que causent les tiges et les résidus aux pneus agricoles pendant et après la récolte sont beaucoup plus importants qu’avant.

Dans l’industrie, plusieurs n’hésitent plus à comparer un champ de maïs fraîchement récolté à un champ de barres d’armatures (rebars) à béton, tellement les tiges sont rigides.

Des patins peuvent être installés derrière le nez à maïs, pour aplatir les tiges de maïs et protéger les pneus de la batteuse. PHOTO : André Dumont

Autre changement : les nez à maïs coupent maintenant les plants à trois ou quatre pouces du sol. Auparavant, les tiges coupées plus hautes étaient poussées au sol par les pneus. Aujourd’hui, les tiges courtes et rigides ont l’effet d’un pic-bois sur les pneus.

La résistance des pneus n’a tout simplement pas suivi l’évolution de la génétique du maïs, affirme Scott Sloan, directeur de la conception des produits chez Titan Tires, aux États-Unis. Dans un article sur le site No-till Farmer, il constate que les dommages provoqués par les résidus sont plus importants depuis le milieu des années 1990. « Des producteurs nous disent qu’ils n’osent plus rouler dans leurs champs avec leur pick-up, de peur d’endommager leurs pneus. »

Les pneus les plus vulnérables sont ceux des équipements tractés, qui n’ont souvent pas les rainures épaisses des pneus de traction sur les tracteurs et les moissonneuses-batteuses. Les tiges peuvent carrément perforer ces pneus, tandis que des résidus peuvent se loger dans les fentes entre les rainures et finir par causer une fuite d’air à force de rouler dessus.

Les dommages aux pneus s’observent aussi sur les pneus dont la largeur dépasse celle des rangs de 30 pouces. On parle ici des modèles 710, 800 et 900, qui n’ont d’autre choix que d’empiéter sur des rangs de tiges. Sur ces pneus, l’usure laisse clairement voir l’endroit où le pneu piétine les tiges.

Pour résoudre le problème, les manufacturiers tentent de mettre au point la composition de caoutchouc idéale, pour résister à l’usure. Cela n’est pas évident, car un caoutchouc plus résistant sera vraisemblablement plus dur, donc moins flexible et moins confortable pour le conducteur. Chez Titan Tires, on a mis sur le marché récemment un pneu doté d’une ceinture de kevlar.

Les manufacturiers recommandent aux producteurs de faire attention à leurs pneus, notamment en évitant de circuler directement sur des tiges de maïs. Lors d’un premier travail de sol, il vaut mieux circuler dans l’entre-rang, puis coucher les tiges afin qu’elles ne nuisent pas aux pneus lors des passages subséquents.

Plusieurs producteurs se sont « patentés » ou ont acheté des dispositifs pour coucher les tiges avant qu’elles ne soient piétinées directement par les pneus. Cela peut prendre la forme de patins installés sous le nez de la batteuse, comme dans la photo ci-dessus.

Dans tous les cas, les pneus à biais sont à proscrire, à la faveur des pneus radiaux, qui sont moins rigides et plus à même d’absorber la pression répétée des résidus de maïs. Il faut aussi éviter de soumettre au supplice des tiges des pneus complètement neufs et fraîchement livrés du manufacturier. Les pneus neufs doivent encore durcir pendant quelques mois, alors vaut mieux les acheter et les installer longtemps avant les travaux prévus.

Sources :
Precision Pays
No-till farmer

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