Avoine et orge : Êtes-vous dans le coût?

Les entreprises qui se spécialisent dans la production d’avoine et d’orge sont peu nombreuses au Québec. Situées principalement en régions périphériques, elles destinent leur production au marché animal, à celui de la semence ou à la consommation humaine. Mais, leur rentabilité s’équivaut-elle?

La figure ci-bas montre la distribution des marges[1] à l’hectare d’entreprises possédant des superficies significatives en avoine et orge tirée des données de l’étude de coûts de production des grandes cultures de l’année 2014.

Distribution des marges à l’hectare.
Source: CECPA

Trois constats s’imposent :

  • les marges sont très différentes d’une entreprise à l’autre;
  • certaines entreprises se démarquent et présentent des bénéfices supérieurs à 300 $/hectare;
  • D’autres obtiennent une marge négative.

Comment expliquer ces résultats? Comme pour plusieurs productions, il n’y a pas une recette unique! Voici quelques pistes à investiguer afin d’accroître votre rentabilité.

 Optimiser les coûts1

460 $/ha        moyenne 818 $/ha        + 968 $/ha

Sans un contrôle serré des coûts, de bons rendements et de bons prix permettront difficilement de dégager une marge intéressante. Selon nos observations, les postes de dépenses les plus probants pour réduire ses coûts sont les suivants :

Représentant près du tiers des dépenses, les intrants de cultures sont une source de fluctuation au niveau des résultats des entreprises. Le prix payé, particulièrement pour les semences, est un élément à surveiller. Lorsque la liquidité de l’entreprise le permet, des escomptes non négligeables sont accessibles grâce au paiement hâtif des intrants. Par ailleurs, la fertilisation peut représenter des coûts substantiels lorsqu’elle ne génère pas les gains en rendement espérés. Une analyse entre le niveau d’utilisation des intrants et la recherche de rendement revêt une grande importance.

Les charges de machinerie, incluant l’amortissement, sont aussi une source de variabilité entre les entreprises.  Il est essentiel de s’assurer d’une utilisation optimale des actifs roulants et machinerie, notamment en ayant des investissements adaptés à la taille de l’entreprise ou en réalisant de travaux à forfait.

Obtenir de bons rendements              

1,9 t/ha        moyenne 2,5 t/ha        + 3,2 t/ha

Le rendement est établi selon l’historique de production des entreprises pour nos études. Ceux-ci varient selon différents éléments, dont la zone géographique des entreprises. Toutefois, on observe une variabilité importante à l’intérieur de zones géographiques comparables, ce qui laisse croire que le plein potentiel de rendement n’est pas atteint pour plusieurs entreprises. Le rendement demeure un facteur de succès économique incontournable pour l’ensemble des cultures.

 Maximiser son prix de vente                

-167 $/t          moyenne  243 $/t         + 288 $/t

La quête d’un prix optimum pour leur récolte est un objectif de taille pour les entreprises. Les primes de spécialité pour la semence et le marché de la consommation humaine expliquent la majeure partie de l’écart observé. Le calendrier d’écoulement et les stratégies déployées (ex. : contrats à terme) influencent également le prix obtenu qui, selon notre analyse, représente le troisième élément en importance dans la détermination de la marge.

Valoriser les sous-produits                  

– 4 $/ha          moyenne  104 $/ha         + 170 $/ha

Les entreprises qui disposent d’un débouché pour la paille génèrent un revenu supplémentaire contribuant ainsi à une meilleure rentabilité. Il en va de même pour celles qui maximisent l’utilisation de leur machinerie par la réalisation de travaux à forfait. Puisque ces revenus sont générés à partir de ressources existantes, cela permet de répartir plusieurs charges fixes de l’entreprise. Malgré leur importance moindre, ces revenus supplémentaires peuvent néanmoins générer un écart de rentabilité entre les entreprises.

Conclusion

La voie de la rentabilité pour la production d’avoine et d’orge n’est pas unique. Certaines entreprises optent pour des marchés à valeur ajoutée, alors que d’autres visent un rendement élevé. Un impair à éviter : aspirer à un haut rendement sans considérer ses coûts. Pour demeurer dans le coup, le contrôle des charges de production demeure l’élément primordial.

[1] Avant rémunération du travail et de l’avoir.

 

Source: Centre d’études sur les coûts de production en agriculture

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