Paris (France), 26 février 2002 – Jean-Pierre Chevènement, en visite au 39e Salon international de l’agriculture, a défendu l’idée d’un « nouveau pacte de confiance » entre la Nation et ses agriculteurs, faute de quoi, a-t-il dit, plus de la moitié des 600 000 exploitations françaises disparaîtront d’ici 30 ans.
Le candidat souverainiste de gauche à l’Elysée, qui a sillonné pendant trois heures les allées de la « Ferme France » installée jusqu’à dimanche à la Porte de Versailles, à Paris, s’est affiché d’emblée comme « le candidat du monde agricole ».
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Une partie de la somme sera disponible cette année, mais il faudra patienter l’an prochain pour pouvoir bénéficier de la totalité de l’aide, qui ne touche que le secteur des céréales.
« Si je suis élu, c’est pour faire entendre la voix de la France en Europe et dans le monde », a-t-il dit.
« Le moment est venu de passer un nouveau pacte de confiance. Nous ne pouvons pas accepter de descendre à moins de 200.000 exploitations dans 30 ans. Je ferai en sorte que la politique agricole commune soit renégociée en 2003 », a promis le candidat du Mouvement des citoyens.
Convaincu de la nécessité de « redonner confiance » aux agriculteurs en ne les « dissociant » pas des autres Français, Jean-Pierre Chevènement s’est à plusieurs reprises lancé dans un vibrant plaidoyer en faveur du monde agricole.
Il a réclamé « plus de considération » pour les agriculteurs, car c’est « l’avenir » de la France qui est en cause.
« La France ne restera pas un beau jardin si nous ne permettons pas aux agriculteurs de vivre, y compris dans les zones de montagne », a-t-il dit lors d’une conférence de presse organisée sur un stand consacré à l’agriculture biologique.
Devant les dirigeants des organisations agricoles – FNSEA, JA, APCA, et Confédération paysanne – Jean-Pierre Chevènement a exposé « les trois axes majeurs » de son programme agricole, qu’il a baptisé: « un vrai contrat entre la Nation et son agriculture ».
Le candidat à l’élection présidentielle, qui s’est notamment posé en défenseur de l’agriculture européenne face à l’hégémonie américaine, s’est dit opposé à un « alignement » des prix européens sur ceux du marché mondial.
Il a aussi plaidé pour une réorientation des aides directes agricoles vers les régions défavorisées et vers les petites et moyennes exploitations.
Jean-Pierre Chevènement a enfin mis l’accent sur une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de la qualité des produits.
Après avoir écouté les revendications de Jean-Michel Lemétayer, dirigeant de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, puis celles de José Bové, porte-parole de la Confédération paysanne, il a constaté « une évolution des esprits ».
« Je pense que les esprits bougent. Sur la base des propositions que je fais, il peut y avoir un large accord de tous », a-t-il dit.
Source : Reuters