Chirac au 40e salon de l’Agriculture

Paris (France), 22 février 2003 – Jacques Chirac a pris son traditionnel bain de foule du salon international de l’Agriculture à Paris, occasion pour lui de dénoncer « l’entêtement » du commissaire européen Franz Fischler à vouloir réformer la PAC.

Comme chaque année, le président de la République a inauguré la manifestation qui célèbre sa 40e édition et met à l’honneur la Normandie. Ancien ministre de l’Agriculture, Jacques Chirac, fréquemment applaudi au cours de ce marathon de plus de trois heures, a pu mesurer sa popularité dans le monde rural.

Le chef de l’Etat, accompagné du ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard, en a profité pour réaffirmer la position de la France face aux nouvelles propositions de réforme de la Politique agricole commune élaborée par le commissaire à l’agriculture Franz Fischler.

Au cours d’une discussion sur le stand de la FNSEA avec Jean–Michel Lemétayer, président du syndicat agricole majoritaire, Jacques Chirac a fait valoir que « les engagements pris » par le Conseil européen à Berlin en mars 1999 « avaient été confirmés », excluant toute modification avant l’échéance de 2006.

« Je n’ai pas compris pourquoi à nouveau, avec un entêtement digne des meilleures causes, le commissaire Fischler avait cru devoir, ignorant superbement la décision du Conseil européen, faire de nouvelles propositions », a–t–il ajouté.

Pour lui, « cette nouvelle initiative est à la fois mal venue, car contraire aux décisions du Conseil européen, et inutile, puisqu’elle n’a pas de chance d’aboutir ».

Cette déclaration répond aux inquiétudes des organisations professionnelles agricoles, fermement opposées à la proposition de découpler les subventions accordées aux agriculteurs européens du niveau de la production.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Franz Fischler affirme au contraire que son projet de réforme de la PAC est « une chance à saisir » par les agriculteurs français, ajoutant qu’« attendre (2006) serait la pire des choses » et pénaliserait les exportations françaises.

Au lendemain du 22e sommet France–Afrique, Jacques Chirac s’est fait auprès de la FNSEA l’avocat de ses propositions : « les pays africains requièrent aujourd’hui un traitement particulier qui n’est pas obligatoirement extensible à l’ensemble » des pays en développement, a–t–il dit.

« Il est important que nous fassions quelques gestes. Nous ne sommes pas responsables des difficultés agricoles des pays africains, au contraire, et l’Union européenne est la zone économique industrialisée la plus ouverte, et de très loin, aux produits agricoles africains », a–t–il souligné.

Vendredi, Jacques Chirac a proposé que les pays riches gèlent les aides agricoles accordées à leurs propres paysans pour aider l’Afrique à sortir de la pauvreté.

Le président a qualifié d’« injustifiables » les marges prises par la grande distribution sur les produits agricoles. Ce problème « doit être traité avec beaucoup de fermeté » car « il y a quelque chose de scandaleux », a–t–il dit, demandant au ministre de l’Agriculture de trouver une solution.

Au cours de sa visite, Jacques Chirac a parcouru le bâtiment de l’élevage, encourageant les éleveurs de Montbéliardes, Prim’Holstein, Gasconnes, sans oublier les Limousines.

Prenant la pose devant Notaire, un taureau de race parthenaise, il a abondamment serré les mains, embrassé femmes et enfants, et dégusté, avec sobriété, quelques produits du terroir.

Un responsable de la promotion de la race normande lui a remis une image représentant « Jacques Chirac en colombe de la paix », d’après Picasso.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

SIMA de Paris
http://www.simaonline.com/

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