Conférence des ministres de l’Agriculture : de plus en plus d’inquiétudes, de moins en moins de réponses

Toronto (Ontario), 31 janvier 2003 – « Plus les discussions avancent, plus l’inquiétude augmente chez les producteurs agricoles qui ne voient toujours pas les avantages de l’approche proposée par le gouvernement fédéral. Ce qui inquiète le plus, c’est qu’Ottawa ne fait aucun effort pour rassurer le monde agricole et poursuit sur sa lancée, coûte que coûte ». C’est ce qu’a déclaré le
ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Maxime

Arseneau, à sa sortie de la conférence fédérale-provinciale et territoriale
des ministres de l’Agriculture qui s’est déroulée aujourd’hui à Toronto.

A la suite de cette rencontre, le gouvernement fédéral est toujours
incapable de démontrer clairement les avantages de sa nouvelle approche pour
le milieu agricole québécois. Plusieurs questions demeurent sans réponse :


  • Quelles seront les conséquences de ces changements sur le modèle agricole québécois?

  • Les producteurs auront-ils un support équivalent à celui dont ils disposent aujourd’hui?

  • Sera-t-il possible d’arrimer facilement les outils financiers actuels gérés par La Financière agricole du Québec et les nouvelles interventions fédérales?

Désormais, le gouvernement fédéral propose de retirer sa contribution aux

programmes québécois. Du même coup, il oblige le Québec à contribuer à son
nouveau programme. En agissant ainsi, Ottawa nie carrément la capacité
d’action du gouvernement du Québec en matière agricole et fait fi des
priorités établies par les agriculteurs québécois.

Par ailleurs, tel qu’indiqué par le premier ministre canadien et son
ministre de l’Agriculture, Ottawa souhaite uniformiser ses programmes « coast
to coast » afin de traiter tous les agriculteurs du Canada de la même façon.
Or, la réalité agricole diffère entre le Québec et la Colombie-Britannique,
entre le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan. « Nier ces différences témoigne
d’une flagrante incompréhension de l’agriculture », a déclaré M. Arseneau.

Comme le gouvernement fédéral l’explique lui-même dans un document rendu
public cette semaine, cette approche centralisatrice vient entre autres du

fait que celui-ci juge qu’il « ne retire que très peu, ou pas du tout, de
visibilité des programmes provinciaux qu’il soutient ».

« Au lieu de se préoccuper de sa visibilité, le fédéral devrait plutôt se
soucier des agriculteurs et les écouter. Il verrait que les agriculteurs du
Québec apprécient les programmes qu’ils ont eux-mêmes choisis en collaboration
avec l’Etat québécois et qui sont gérés par La Financière agricole. Ils ne
veulent d’aucune façon mettre ces acquis en péril pour une question de
drapeau », a ajouté le ministre Arseneau.

« Je l’ai dit et je le répète : le Québec demeure disposé à adhérer au
Cadre stratégique agricole mais pas à n’importe quel prix. Le fédéral ne peut
nous inciter à signer sans une démonstration claire des avantages que cela
aurait pour l’autonomie du monde agricole québécois et la pérennité de notre
agriculture », a conclu le ministre.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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