Critique de la politique agricole des États-Unis

Genève (Suisse), 11 mars 2002 – Le commissaire européen à l’agriculture, Franz Fischler, a critiqué le « cours erratique » de la politique intérieure des États-Unis en matière agricole, et en particulier les différentes aides d’urgence aux agriculteurs et la préparation du Farm Bill.

« Alors que la position européenne est pleinement cohérente avec les décisions de Doha sur l’agriculture », « je suis préoccupé, a-t-il dit, par le cours plus erratique que les Etats-Unis semblent avoir suivi (…) J’espère qu’en fin de compte, les Etats-Unis adapteront leur politique domestique aux directions qu’ils affirment que le monde devrait prendre dans les négociations » agricoles, a déclaré M. Fischler au cours d’une conférence de presse.

Il se référait notamment à un projet de loi d’orientation agricole en discussion au Congrès, qui augmente notamment les subventions agricoles pour les producteurs de céréales et de coton.

M. Fischler a estimé que l’Union européenne poursuit « un processus régulier de réforme », qui va dans le sens des orientations données à la conférence ministérielle de Doha, en novembre.

Il était venu à Genève rencontrer le président du groupe de négociations sur l’agriculture, Stuart Harbinson (Hong Kong), alors que les négociations agricoles vont entrer dans une phase cruciale d’offres de concessions, après deux ans passés à l’exposition des propositions.

« Maintenant, après ces deux années, ce dont nous avons besoin, c’est du +give and take+ (donner et recevoir) et non seulement du +take and take+ (prendre et prendre), a-t-il dit, à l’adresse de tous les membres ».

« Nous donnerons un meilleur accès à notre marché si nous pouvons nous voir accorder ailleurs de meilleurs accès aux marchés », a-t-il prévenu.

L’usurpation « abusive » des marques de produits alimentaires de qualité doit cesser, a-t-il insisté.

L’ouverture des marchés « doit se faire d’une manière qui permette à chacun de bénéficier de nouvelles opportunités et protège les indications géographiques comme le Roquefort ou le Jambon de Parme », a-t-il observé. Il a plaidé pour que ce dossier soit négocié largement dans le cycle commercial, alors que certains pays voudraient limiter ce volet des indications géographiques aux vins et spiritueux.

« Les appelations géographiques sont un instrument de marketing important pour les PVD », a-t-il argumenté.

M. Fischler a encore averti que l’UE « réduirait ses formes de subventions à l’exportation si les formes de subventions aux exportations pratiquées par ailleurs sont également réduites et soumises à discipline ».

Enfin, a-t-il dit, les Quinze sont aussi prêts à « réduire les soutiens internes qui entravent le commerce, pourvu que nous puissions conserver les instruments nécessaires permettant à nos agriculteurs de répondre à nos attentes sociales, comme l’environnement et la sécurité alimentaire ».

M. Fischler a par ailleurs déclaré que l’UE n’avait pas l’intention d’« organiser une contre-campagne » du fait de l’offensive du Département américain du commerce pour convaincre les pays pauvres, notamment africains, de l’intérêt de recourir à la production et à l’importation d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Source : AFP

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