El Niño restera dans les parages

Les effets pourraient perdurer plus longtemps que prévu

Les services météo américains avaient déjà assuré le mois dernier que le phénomène météo appelé El Niño ferait sentir sa présence cet été. Il y a maintenant davantage de chances de voir les fluctuations se maintenir jusqu’à l’automne 2018.

Les chances de voir El Niño cet été se situent à 65%. Les probabilités que les conditions météorologiques se poursuivent tout au long de la saison d’automne étaient légèrement inférieures, soient entre 50 et 55%.

« El Niño a continué en mars 2019, la température de la surface de la mer demeurant supérieure à la moyenne dans l’océan Pacifique équatorial », a indiqué le Centre de prévision du climat (CPC) du Service météorologique national (National Weather Service) dans ses prévisions mensuelles.

Les probabilités pour ce printemps sont quant à elles de 80%. Les perturbations sont toutefois considérés d’une intensité faible à modérée pour l’Amérique du  Nord.

El Niño peut affecter les modèles de précipitations et de température dans de nombreuses régions, avec des conséquences importantes pour les secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, selon l’Organisation météorologique mondiale des Nations Unies.

El Niño est habituellement associé à des températures plus chaudes que la moyenne pour certaines parties de l’Amérique du Nord. Les effets se font traditionnellement sentir davantage en hiver avec des précipitations élevées sur la côte Ouest en raison de l’apport d’air humide. Les tempêtes de neiges peuvent être plus fortes et se déplacer dans le couloir des Grands Lacs jusque dans la vallée du Saint-Laurent. Sous nos latitudes, cela se traduit par des hivers plus doux tout en étant plus enneigés en raison des tempêtes. Le printemps peut aussi être plus tardif avec des températures sous les normales. Si la tendance se maintien, l’automne pourrait être clément puisque El Niño est associé avec une baisse du nombre d’ouragans, donc moins de tempêtes qui remontent les côtes américaines.

MétéoMédia a profité de la nouvelle pour définir davantage ses prévisions météo. Placé entre un dôme d’air frais et de l’air anormalement chaud dans les Maritimes, le Québec devrait profiter d’un été dans les normales, avec des poussées de chaleur mais de manière plus modérée que l’an dernier.

Les États-Unis n’ont pas à craindre pour le moment des épisodes de sécheresse, au contraire. Selon le Drought Monitor qui supervise ce type d’anomalie, le pays connait en ce moment un de ses plus faibles niveaux de sécheresse depuis que ces données sont collectées par l’organisme. La sécheresse n’affecte que 4,4% du territoire en date du 9 avril contre 12% à la fin avril. Les précipitations de janvier à mars ont totalisé plus de 8 pouces, ce qui en fait le début d’année le plus humide depuis 1949 et le 12e dans l’histoire des États-Unis.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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