France : exploitations plus grandes mais moins d’agriculteurs

Paris (France), 8 juin 2001 – Des exploitations plus grandes mais plus d’un tiers d’agriculteurs en moins depuis 12 ans: tels sont les principaux et premiers enseignements du recensement agricole 2000 en France, dévoilés jeudi par le ministère de l’Agriculture.

Ce recensement répertorie 664 000 exploitations agricoles en France métropolitaine contre plus d’un million en 1988 lors du dernier recensement et près de 1,3 million en 1979.

Parallèlement, il met en évidence une diminution de 35% du nombre des agriculteurs actifs par rapport à 1988, baisse qui s’explique notamment par le fait que les conjointes occupent plus souvent un emploi à l’extérieur de la ferme.

Les exploitations de plus de 100 « unités de dimension européenne », soit l’équivalent de 150 hectares de blé, constituent 11% des exploitations, contre moins de 5% en 1988. Elles cumulent aujourd’hui 45% du potentiel agricole du pays.

Dans le même temps, les superficies ont progressé. En moyenne, les exploitations s’étendent sur 42 hectares, soit une fois et demie la surface moyenne relevée en 1988. Le nombre de celles de plus de 100 hectares est également en forte progression: 78.800 en 2000 contre 43 700 en 1988.

En revanche, le nombre des agriculteurs actifs a fortement baissé: 35% depuis 1988, note le ministère. En 2000, hors salariés saisonniers ou occasionnels, 1 319 000 personnes ont travaillé à temps plein ou partiel dans les exploitations.

Cette population est constituée à près de 90% par la famille des agriculteurs et comprend moins de jeunes qu’il y a douze ans, ces derniers prolongeant leurs études et retardant d’autant leur entrée dans la vie active. Après plusieurs décennies de baisse liée à l’essor de la mécanisation, le nombre de salariés permanents est cependant en augmentation depuis plusieurs années, la part du travail salarié ayant progressé de 16% à 25%.

Les nombreux départs en retraite et pré-retraite ont favorisé le rajeunissement des chefs d’exploitation et des coexploitants: 53% ont actuellement moins de 50 ans, contre 43% en 1988, souligne le ministère.

Du coté des productions, l’élevage bovin n’occupe plus que 165.000 exploitations spécialisées, contre 271.000 en 1988. Mais ce « mouvement » est antérieur aux crises de la vache folle de 1996 et 2000.

La concentration des cheptels dans les élevages hors sol spécialisés est également importante : les deux tiers des porcs à l’engraissement et des volailles sont élevés dans ce type d’exploitations.

Ce « mouvement » affecte aussi les productions végétales, mais dans des proportions différentes. Le nombre des exploitations spécialisées en grandes cultures diminue moins vite que celui de l’ensemble des exploitations: en 2000, ces unités ont cultivé un tiers de la supercifie agricole et 60% des surfaces en céréales. En contrepartie, le nombre des exploitations sans spécialisation recule rapidement.

Les opérations de recensement ont débuté en octobre dernier auprès de 700 000 exploitants. Les résultats définitifs doivent être publiés en septembre.

Source : AFP

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