France : Les éleveurs de bovins mécontents, continuent les actions

Paris (France), 7 septembre 2001 – Les éleveurs, qui jugent insuffisantes les mesures gouvernementales en faveur de la filière bovine, ont décidé d’étendre leurs opérations de « contrôle » aux supermarchés, aux abattoirs et aux camions.

« Les annonces faites par le ministre (de l’Agriculture) sont incomplètes. Il est évident que les éleveurs vont continuer leurs actions et les étendre à partir d’aujourd’hui sur l’ensemble du territoire », a déclaré à Reuters Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB).

Jeudi le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany, confronté à des manifestations, a annoncé des mesures dont une enveloppe de 40 millions de francs pour relancer la consommation de viande bovine en France, en baisse de 15% par rapport à la normale.

Les actions des éleveurs, qui ont débuté cette semaine par des blocages d’entreprises de commerce de gros, sont destinées à « contrôler » les viandes importées, responsables en partie, selon Pierre Chevalier, de l’effondrement des prix à la ferme.

« Nous continuerons les actions jusqu’à ce que les prix retrouvent leur niveau d’avant la crise », a-t-il dit, dénonçant en particulier l’attitude des distributeurs.

Déprimés par les crises successives de la vache folle et de la fièvre aphteuse, les cours de la viande bovine en France ont chuté de 30 à 40% à la ferme depuis un an, ce qui n’est pas le cas des prix payés par les consommateurs.

Dénonçant les importations à bas prix en provenance notamment d’Allemagne, Pierre Chevalier a exhorté les autorités françaises à faire pression sur Bruxelles pour obtenir des partenaires européens un retrait de leurs excédents.

« Actuellement, nous avons une distorsion de concurrence intra-communautaire », a-t-il précisé, estimant que « la France est le seul Etat membre à prendre des décisions de retrait ».

« Nous demandons à Bruxelles que l’ensemble de l’Union retire de la viande du marché, sinon nous ne sortirons pas de cette situation », a-t-il poursuivi, assurant que les excédents des Etats membres se retrouvent sur le marché français.

Selon le ministère de l’Agriculture, la France accuse actuellement un excédent de 250 000 vaches laitières ou génisses sur pieds, soit l’équivalent de 80 000 tonnes de viande.

Les éleveurs français, qui réclamaient le retrait de 5000 tonnes de viande par semaine pour soutenir leurs prix, n’ont obtenu jeudi qu’un volume de 4000 tonnes, a déploré Pierre Chevalier.

Le Conseil de l’Agriculture française (CAF), qui a dressé la semaine dernière un bilan plutôt alarmiste de la situation du marché de la viande, prédit « le pire » pour les semaines à venir.

Depuis le début de la semaine, des manifestations d’éleveurs se sont multipliées dans l’Ouest, première région d’élevage de l’Hexagone.

Source : Reuters

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