Impact de la chaleur sur les travailleurs agricoles

Montréal (Québec), 26 août 2004 – L’été, pendant les heures les pluschaudes de la journée, les travailleurs de plusieurs secteurs, telsl’agriculture, la construction, la forêt, l’entretien des parcs, etc.,accomplissent de lourdes charges physiques. Or, les effets de la canicule, additionnés à ceux de la charge de travail, peuvent alors causer de sévères désordres physiologiques. Dans les cas extrêmes, les coups de chaleur peuvent même entraîner le décès d’une personne.

Pour prévenir ce genre d’accident, l’Institut de recherche Robert-Sauvéen santé et en sécurité du travail (IRSST) vient d’autoriser un projet visantà élaborer une technique d’autosurveillance de l’astreinte thermique pour lesjeunes travailleurs affectés à l’engrangement du foin.

Une méthode simple
Le chercheur Pierre C. Dessureault, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a observé, à l’été 2003, que des jeunes travailleurs quiengrangeaient des ballots de foin étaient parfois exposés à des niveaux dechaleur excessifs. Ces contraintes thermiques sévères avaient notamment pourconséquence de faire grimper leur fréquence cardiaque à un niveau dépassantlargement les limites proposées pour des sujets de leur âge.

Comme le prévoit le Règlement sur la santé et la sécurité du travail,l’indice WBGT – Wet Bulb Globe Temperature – est l’unité de mesure utiliséepour évaluer la contrainte thermique. Toutefois, cet indice n’est pas aisémentapplicable au milieu agricole, notamment parce qu’il ne s’applique pas danstoutes les situations et qu’il nécessite des connaissances et uneinstrumentation spécialisées. Les chercheurs proposent donc, en collaborationavec l’Union des producteurs agricoles (UPA) et la Commission de la santé etde la sécurité du travail (CSST), de développer une méthode simple, mieuxadaptée, basée sur des limites physiologiques et qui ne requiert aucuninstrument autre qu’une simple montre.

Des résultats exportables
Basée sur la fréquence cardiaque, cette méthode permettrait auxtravailleurs de vérifier eux-mêmes leur réaction physiologique aux contraintesthermiques. Dans un premier temps, les chercheurs constitueront une largebanque de données, tirée d’observations sur le terrain, qui permettra deproposer des paramètres en fonction de l’âge des travailleurs. Ces paramètresdevront assurer une sécurité au moins équivalente à l’application de l’indiceWBGT. Par la suite, un programme d’autosurveillance des travailleurs exposésaux contraintes hermiques sera mis à l’essai et évalué avant de faire l’objetd’une recommandation.

« Nous avons confiance qu’une fois cet outil d’autodiagnostic validé,l’approche pourra être étendue aux travailleurs de tous âges et de toussecteurs d’activités. Ainsi, nous disposerons d’une méthode simple et efficacepour prévenir les coups de chaleur qui peuvent causer des problèmes d’uneextrême gravité », a expliqué Diane Gaudet, présidente-directrice générale del’IRSST, en dévoilant le projet.

Pour plus de détails sur le travail en ambiance chaude et sur les coupsde chaleur, les intervenants peuvent se référer au Guide de prévention descoups de chaleur produit par la CSST ou consulter le dossier Alerte chaude,publié dans le magazine Prévention au travail :http://www.irsst.qc.ca/files/documents/fr/prev/v17_02/7-14.pdf .

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST)
http://www.csst.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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