Jaunissement du soya en fin de saison

La fin de l’été approche à grand pas et les cultures murissent de plus en plus. C’est le cas du soya où les feuilles jaunissent de plus en plus dans les champs, une croissance qui s’accompagne avec la chute de feuilles. Le Réseau d’avertissement phytosanitaire (RAP) a présenté dernièrement un résumé des signes normaux de maturation du soya, ainsi que les cas où d’autres causes sont en jeu.

Le jaunissement peut s’être produit dès la mi-août pour les cultivars hâtifs de la Montérégie. La chaleur et le manque de pluie contribuent à l’accélération de la maturité et du jaunissement. Les premières feuilles à jaunir sont les feuilles du bas, avec une progression du Jaunissement vers le haut des plants. Les feuilles jaunes finissent par brunir et tomber au sol. Au stade R7 du soya, seules quelques feuilles du haut sont encore attachées aux plants. Plus le champ était uniforme pendant la saison de croissance (développement égal du soya), plus la sénescence sera homogène à l’échelle du champ.

Selon le RAP, si les premières feuilles de soya qui jaunissent sont celles du haut, il est probable qu’un phénomène autre que la sénescence soit en cause.

Carence en potassium

La carence en potassium, lorsqu’elle se manifeste tardivement dans le soya, cause un jaunissement des feuilles du haut. Ce phénomène est parfois appelé en anglais « top dieback ». Les feuilles affectées présentent un jaunissement de la pointe et de leur pourtour. Dans les cas plus sévères, du brunissement apparaît aussi.

Maladies

Diverses maladies du soya peuvent faire leur apparition relativement tard dans l’été et certaines peuvent avoir un impact significatif sur le rendement. Le jaunissement du haut des plants de soya en fin de saison peut être le résultat d’une infection par des champignons ayant eu lieu plus tôt en saison.

Par exemple, une infection des racines causée par Rhizoctonia ou Fusarium peut se produire en début de saison, en conditions pluvieuses, mais les symptômes peuvent se manifester plus tard lors d’un stress hydrique, car les champignons ont envahi le système vasculaire des plantes affectées.

La pourriture à sclérotes, aussi appelée sclérotiniose ou moisissure blanche, est régulièrement observée au Québec en fin de saison. Par contre, cette maladie cause un flétrissement rapide des plants de soya; ils deviennent donc rapidement bruns et non jaunes.

Nématodes

Des populations abondantes de nématode à kyste du soya dans un champ peuvent provoquer le jaunissement de la culture. Ce parasite se nourrit à même le système vasculaire du soya, ce qui le prive de certains éléments essentiels à son développement en plus de le rendre plus vulnérable aux maladies.

Toutefois, les populations de ce ravageur retrouvées au Québec jusqu’à maintenant sont très faibles, soit à la limite de la détection. Il est donc peu probable que des symptômes du nématode à kyste du soya soient observés à court terme au Québec.

Dommages d’ozone

Parmi les grandes cultures, le soya est la plante la plus sensible à l’ozone. Ce polluant atmosphérique, lorsqu’il atteint ou dépasse les 60 ppb pendant 2 heures ou plus, peut causer des pertes de rendement et de qualité chez le soya. L’ozone tue des cellules après avoir pénétré dans les stomates des feuilles.

Puisque l’ozone est formé par l’action de la lumière du soleil sur les hydrocarbures et les oxydes d’azote, les journées très ensoleillées sont plus propices à ce type de dommage.

Les symptômes de dommages d’ozone sont variés. Ils comprennent l’accélération de la maturité des plants de soya et une coloration jaune, vert olive ou bronze des feuilles du haut (les plus exposées). Cette coloration est due à de minuscules taches ou microblessures sur la face supérieure des feuilles, ces taches ne traversant habituellement pas le limbe.

Les nombreuses microblessures sont autant de portes d’entrée potentielles pour divers champignons et bactéries (pathogènes ou non). Les champs affectés ne le sont pas nécessairement de façon uniforme. Les symptômes apparaissent généralement par zones.

Tétranyque à deux points

Le tétranyque à deux points (Tétranychus urticae) est un minuscule acarien de 0,4mm de longueur, donc très difficile à voir à l’œil nu. Sous l’effet d’une canicule, les populations peuvent augmenter très rapidement sur le feuillage du soya, qui devient alors jaune bronze.

Une forte infestation de tétranyques à deux points peut causer la chute de feuilles de soya, en commençant par le bas des plants. Les infestations commencent d’abord par les bordures de champs.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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