La FCA est déçue par le rapport Objectif 2050

Ottawa (Ontario), 21 avril 2009 – La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) trouve décevantes un grand nombre des recommandations contenues dans le rapport rendu public récemment par la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE) intitulé Objectif 2050 : Politique de prix pour le carbone pour le Canada.

Même si la FCA est encouragée par le soutien accordé par la TRNEE à un système national de quotas et d’échange, elle est fort découragée par le fait que, dans le rapport, on recommande l’élimination graduelle des compensations en fixation de carbone à l’échelle nationale d’ici à 2015. Au lieu de cela, le rapport suggère que les émissions agricoles soient visées par des règlements complémentaires et des politiques sur les technologies.

« Ce rapport met en évidence un profond manque de compréhension des compensations en fixation de carbone dans le secteur de l’agriculture et de l’important rôle qu’elles peuvent jouer en contribuant à la solution à long terme du Canada dans la lutte contre les changements climatiques », a déclaré Laurent Pellerin, président de la FCA. « Si elle reçoit des signes appropriés au chapitre des prix, l’agriculture canadienne peut constituer un fournisseur permanent et de premier plan de compensations dans le contexte du système de quotas et d’échange. »

Les agriculteurs canadiens sont à l’avant-plan des mesures d’atténuation et de stockage du carbone depuis de nombreuses années grâce à l’adoption de méthodes agricoles sans travail du sol qui leur permettent de fixer du carbone et grâce à l’utilisation de pratiques améliorées de gestion du fumier.

« Ces techniques et pratiques agricoles ont été enchâssées dans des protocoles agricoles de compensations en fixation de carbone vérifiables élaborés pour le marché du carbone de l’Alberta, et des démarches ont été entamées pour les adopter dans un système national », explique M. Pellerin.

Les conclusions du rapport de la TRNEE sont particulièrement inquiétantes à la lumière des appels grandissants tant aux États-Unis que dans le reste du monde que les compensations agricoles de fixation en carbone doivent constituer un aspect important des mesures d’atténuation des gaz à effet de serre.

« Les États-Unis ont promu vigoureusement la création de marchés qui rémunèrent les agriculteurs pour les compensations en fixation de carbone qu’ils fournissent, ainsi que l’idée qu’il peut s’agir d’une solution à long terme pour accroître le revenu agricole », ajoute M. Pellerin. « Le rapport de la TRNEE parle d’une harmonisation accrue du marché du carbone à l’échelle continentale et internationale, mais recommande ensuite l’élimination des compensations nationales en fixation de carbone d’ici à 2015, ce qui va à l’encontre du consensus international croissant au sujet de l’agriculture. »

Récemment, la FCA a assisté à un atelier sur l’agriculture à in Bonn, en Allemagne, organisé dans le contexte de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il s’agissait d’un événement officiel qui s’est tenu durant les réunions ayant pour but la formulation d’un protocole devant succéder au Protocole de Kyoto. Lors de l’atelier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a déclaré que le Protocole de Kyoto négligeait le potentiel d’atténuation qu’offre l’agriculture et qu’à l’échelle mondiale, la fixation du carbone pouvait s’élever à entre 1 et 4 milliards de tonnes de CO2 par an, selon le prix du carbone sur le marché. Cela représente de 11 à 17 % du potentiel d’atténuation total et il y a une reconnaissance de plus en plus forte au niveau international que la meilleure façon et la façon la plus efficace de réaliser cet objectif est de faire intervenir les mécanismes du marché.

« Le travail qu’a accompli l’agriculture canadienne pour créer des protocoles de compensations est un excellent exemple de la contribution essentielle que peut apporter l’agriculture sur un marché du carbone, et la FCA a clairement fait ressortir cela à Bonn », explique M. Pellerin. « Il est extrêmement décevant que dans le rapport de la TRNEE, on ne reconnaisse par le potentiel à long terme des compensations agricoles en fixation de carbone. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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