La Niña de retour d’ici la fin de l’année

Le bureau météo du gouvernement américain prévoit que le phénomène météorologique La Niña se développera d’ici août à octobre, et devrait persister jusqu’à la fin de 2020.

Le bureau de prédiction climatique du National Weather Service établi aux États-Unis a indiqué qu’il y a environ 50 à 55% de chances que La Niña se développe pendant l’automne dans l’hémisphère nord, avec 50% de chances qu’elle se poursuive tout au long de l’hiver 2020-2021.

Le phénomène de La Niña est caractérisé par des températures inhabituellement froides dans l’océan Pacifique équatorial et lié aux inondations et à la sécheresse. La manifestation météorologique est apparue pour la dernière fois pendant la saison de septembre à novembre en 2017 et a duré jusqu’au début de 2018.

Parallèlement, les conditions neutres actuelles de l’oscillation australe El Niño (ENSO) devraient se poursuivre tout au long de l’été 2020, selon les services de prévisions météo américains.

Les conditions neutres ENSO se réfèrent aux périodes où ni El Niño ni La Niña ne sont présentes, coïncidant souvent avec la transition entre les deux régimes météorologiques.

Les conditions sèches persistantes associées à La Nina sont plus susceptibles de se produire en Argentine et dans le sud du Brésil, ainsi que dans le sud des plaines des États-Unis, où la variété de blé d’hiver rouge dur du pays est cultivée.

Au début de 2018, l’Argentine a récolté sa pire récolte de soya en neuf ans et la production du maïs brésilien était également bien en deçà des prévisions initiales. Les rendements du blé  rouge dur aux États-Unis ont été médiocres cette année-là, et la sécheresse dans cette région s’est poursuivie pendant la saison de croissance du maïs et du soya.

La Nina s’est toutefois aussi produite en 2016-2017 avec peu de conséquences.

Les experts s’entendent pour dire qu’il faudra surveiller l’intensité du refroidissement des eaux du Pacifique pour anticiper la force des perturbations, ainsi que le moment où il se produira. Si les anomalies se poursuivent jusqu’au printemps 2021, les effets seront plus marquants, surtout en Amérique du Sud.

Un effet La Nina fort pourrait avoir d’importants impacts puisque plusieurs régions ciblées souffrent déjà de sécheresse. C’est le cas en Argentine, au sud du Brésil et dans les plaines des Etats-Unis. Selon le US Drought Monitor, les conditions de sécheresse couvraient 68% du Kansas selon le dernier rapport mardi dernier. La sécheresse est plus grave dans les régions avoisinantes telles que l’Oklahoma, la manche du Texas et l’est du Colorado.

Source: Reuters

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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