La récession américaine devrait être de courte durée

Paris (France), 28 novembre 2001 – La récession américaine ne devrait être que de courte durée et l’activité devrait se redresser au milieu de l’année 2002, prévoit l’OCDE dans son rapport sur l’économie des USA publié mardi.

Ce rapport, qui souligne aussi que de nouvelles baisses des taux de la Fed pourraient être nécessaires pour soutenir l’économie en cas d’attentisme prolongé des consommateurs et des entreprises, n’apporte pas de modifications fondamentales par rapport à l’analyse contenue dans les perspectives économiques publiées le 20 novembre.

« Le climat économique des États-Unis s’est très brutalement modifié au cours de l’année écoulée, cette évolution ayant été accentuée par les conséquences des attaques terroristes du 11 septembre. L’économie paraît maintenant être probablement entrée dans une récession qui ne devrait être que de faible durée », souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques.

L’activité pourrait commencer à se redresser au milieu de 2002 avec une croissance annuelle attendue à 3,8% au deuxième semestre, contre un recul de 0,1% au premier semestre.

Des incertitudes assombrissent les perspectives

Les experts de l’OCDE soulignent toutefois qu« ‘un certain nombre d’incertitudes sur le plan mondial et intérieur assombrissent les perspectives, notamment le risque que la confiance des consommateurs ne se dégrade davantage ou que le ralentissement de l’investissement des entreprises persiste ».

Si l’on en croit l’indice de confiance du consommateur publié mardi par le Conference Board les ménages américains n’ont pas encore retrouvé le moral. Cet indice est tombé à 82,2 en novembre contre 85,3 le mois précédent, alors que les économistes attendaient un rebond à 87,9.

Si ces risques devaient se concrétiser, « de nouvelles baisses sensibles des taux d’intérêt pourraient être nécessaires », estime l’OCDE.

D’ores et déjà, la politique monétaire a été rapidement assouplie sans compromettre les objectifs d’inflation.

Il faudra en tout cas une période prolongée de faibles taux d’intérêt pour établir la reprise, mais une fois que celle-ci sera bien en place, il conviendrait de ramener les taux d’intérêt à des niveaux « plus neutres », ajoute l’OCDE.

L’ajustement substantiel de la politique budgétaire sera également utile.

La rapide mise en oeuvre des remboursements d’impôts en 2001 et une série de réductions régulières d’impôts qui se traduiront au bout du compte par une moins-value de recettes de 1,75% du PIB d’ici 2010 sont venues au bon moment du point de vue conjoncturel.

« Mais il faudra concevoir soigneusement les nouvelles mesures, tant en ce qui concerne leur ampleur que leur durée, si l’on veut éviter des effets contreproductifs ».

En tout état de cause, « il faut agir rapidement pour assurer la viabilité de Medicare et de la Social Security », ajoute l’OCDE.

L’organisation estime qu« ‘un allégement des impôts sur le capital physique et sur le capital humain améliorerait le bien-être économique et, très vraisemblablement, les perspectives de croissance ».

Les fondamentaux économiques restent sains

Les taux supérieurs marginaux de l’impôt sur le revenu « devraient être encore abaissés et la complexité du système fiscal atténuée, l’introduction éventuelle d’une taxe sur la valeur ajoutée et d’impôts environnementaux assurant la stabilité des recettes ».

L’OCDE considère qu« ‘il faudrait prendre de nouvelles initiatives de réforme de la réglementation et de privatisation dans les secteurs des télécommunications, du transport aérien et de l’électricité, en prévoyant cependant des mesures à l’encontre des comportements oligopolistiques ».

Le processus de transformation structurelle dans lequel est engagée l’économie « ne doit pas être entravé par des aides à des secteurs particuliers tels que la sidérurgie et l’agriculture », ajoute l’OCDE.

En résumé, les experts de l’organisation soulignent que les fondamentaux économiques des États-Unis « restent sains et devraient produire de nouveau leurs effets dans un avenir relativement proche, mais, ajoutent-ils, il reste à accomplir un ensemble de réformes structurelles de nature à améliorer les performances économiques à plus long terme ». L’OCDE confirme ses prévisions publiées la semaine dernière.

Pour le premier semestre 2002 l’OCDE prévoit une croissance annualisée de -0,1%, après -0,6% au deuxième semestre 2001. La croissance remonterait à 3,8% au deuxième semestre et se situerait à 3,8% au 1er et à 3,8% également au 2ème semestre 2003.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

http://www.oecd.org/

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