Lancement de la Coalition pour la préservation du territoire agricole

Montréal (Québec), 2 avril 2004 – Pour la première fois dans l’histoire du Québec, un mouvement de fond se met en place pour défendre l’intégrité du territoire agricole. C’est ainsi que la Coalition pour la préservation du territoire agricole voit le jour. Créée sur l’initiative de M.Laurent Pellerin, président général de l’Union des producteurs agricoles(UPA), elle regroupe d’importants intervenants de la société québécoise quipartagent la même inquiétude vis-à-vis le développement incohérent quis’exerce en zone agricole.

Les principaux porte-parole de la Coalition se sont réunis aujourd’hui enconférence de presse pour démontrer au gouvernement l’importance et l’urgenced’agir dans ce dossier. Etaient présents M. Henri Massé, président de laFédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Mme ClaudetteCarbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN),M. Ghislain Cloutier, premier vice-président de la Coopérative fédérée duQuébec, Mme Joanne Lalumière, présidente du comité exécutif de la Fondationquébécoise en environnement, ainsi que M. Normand Gagnon, président de laFédération de l’UPA de Saint Jean-Valleyfield (région qui abrite le tronçonproblématique du projet de parachèvement de l’autoroute 30).

Pour le président de l’UPA, il devenait urgent d’agir et d’envoyer unsignal clair aux décideurs afin qu’ils mettent un frein au développementincohérent en zone agricole. « Les terres cultivables représentent moins de 2 %du territoire québécois. Elles sont fragiles et non renouvelables, précise-t-il. Ainsi, chaque parcelle qu’on cède à la construction d’uneautoroute, d’un terrain de golf, d’un projet domiciliaire ou industriel, ouencore d’une exploitation minière, ne sera plus jamais cultivée. Nous nesouhaitons pas laisser que du béton et de l’asphalte en héritage auxgénérations futures », de déclarer M. Pellerin.

La situation est alarmante. Les constats inquiétants se multiplient etjustifient aujourd’hui la création de cette coalition.

D’abord, on remarque depuis quelques mois une intensification marquée dela pression sur la zone agricole, particulièrement en milieu périurbain où seconcentre plus de 70 % de la valeur totale de la production agricole. Or,c’est justement les zones périurbaines qui subissent la plus forte pression etfont l’objet d’une grande convoitise de la part des promoteurs, notamment dansla Communauté métropolitaine de Montréal qui arrive en première ligne avec unerecrudescence de 31 % des demandes d’exclusion en 2003 par rapport à 2002.

Le cas le plus éloquent à ce chapitre demeure néanmoins celui del’autoroute 30 alors que le gouvernement a fait part de son intention desacrifier 514 hectares de sols qui comptent parmi les meilleurs au Québec poury faire passer un tronçon d’autoroute, contre toute logique et à l’encontredes avis répétés de la Commission pour la protection du territoire agricole duQuébec.

De plus, les récentes déclarations de la ministre québécoise del’Agriculture quant à une éventuelle révision de la Loi sur la protection duterritoire agricole n’ont rien de rassurant. Quand on connaît la fragilité dela situation, le moindre assouplissement à la Loi constitue une véritablemenace à l’intégrité de la zone agricole.

Finalement, le mouvement de décentralisation du gouvernement québécoispourrait avoir un effet dévastateur sur la pérennité des terres agricoles enlaissant libre cours aux projets de développement non agricoles en terreszonées « vertes ». Cette réallocation des pouvoirs risque de déboucherinévitablement sur un rétrécissement de la zone agricole.

Les membres de la Coalition sont unanimes. « Le message que nous livronsest clair : il est essentiel de protéger notre patrimoine agricole. » Ilspressent le gouvernement d’agir de façon responsable et de prendre les mesuresnécessaires pour assurer la préservation d’une base territoriale pourpratiquer l’agriculture.

Pour les membres de la coalition, « l’agriculture joue un rôle essentieldans la vie des communautés périurbaines et rurales. Au-delà de la productiondes aliments, elle participe au dynamisme économique et social des régions,tant sur le plan de l’emploi que sur le maintien des services à la communauté,la préservation de la culture et des traditions en plus de l’entretien despaysages. En protégeant l’agriculture, c’est la vitalité de tout le Québecqu’on défend », de conclure les porte-parole.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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