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Le maïs manque d’azote!

Plants de maïs affichant une déficience d'azote. PHOTO : André Dumont

Plants de maïs affichant une déficience d’azote. PHOTO : André Dumont

On n’a pas à chercher loin dans les champs de maïs du Québec pour découvrir des signes évidents de carence d’azote.

« C’est assez généralisé. On a des appels d’un peu partout dans la province », rapporte l’agronome Pascal Larose, spécialiste en maïs et soya à La Coop fédérée.

Depuis la mi-août, on observe des feuilles du bas jaunissent. À défaut de trouver de l’azote dans le sol, le maïs se « cannibalise » en sacrifiant ses feuilles du bas pour acheminer leur azote vers les grains. La priorité est au remplissage des grains, quitte à perdre quelques feuilles.

Ce sont les précipitations abondantes autour de la Fête nationale, en juin, qui seraient responsables des pertes d’azote. Le lessivage s’est produit peu de temps après les applications en postlevée. D’après Pascal Larose, même l’azote appliqué en démarreur a été en partie lessivé lors de ces évènements de pluie.

Les données de la station météo de la Ferme de recherche de La Coop fédérée à Saint-Hyacinthe montrent que les précipitations ont été plus abondantes que la moyenne en juin, de même qu’en mai. En juillet et août, ce fut le contraire.

D’après les observations réalisées à cette même ferme de recherche, le maïs qui a reçu 170 unités manque d’azote depuis le 15 août. Celui qui en a reçu 205 commence à en manquer, tandis que celui qui en a reçu 240 se porte bien.

« En 2014, la dose optimale se situe entre 205 et 240 unités », en conclut Pascal Larose. Cela nous rappelle que les recommandations officielles sont basées sur des moyennes de plusieurs années, explique-t-il. Or, la météo est très variable et peut grandement influer sur la disponibilité de l’azote.

Fractionnement
À ce jour, les moyens pour adapter les doses d’azote à la météo de la saison sont plutôt limités. Le fractionnement demeure l’outil le plus accessible.

S’il a plu beaucoup depuis l’application d’azote en démarreur, on peut ajuster la dose en postlevée, illustre Pascal Larose. « Avec une dose unique aux semis, on ne gère pas le risque (associé à la météo), dit-il. Agronomiquement, ça ne tient pas la route. »

De la floraison à la maturité physiologique, le maïs prélève du sol 40 % de ses besoins en azote. Quand des signes de carence apparaissent, le rendement est amputé. « C’est difficile à chiffrer avant la récolte, dit Pascal Larose. Mais ceux qui ont mis 170 unités ou moins vont certainement avoir un rendement inférieur. »

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