L’endettement du groupe Parmalat était 8 fois plus grand qu’annoncé

Milan (Italie), 26 janvier 2004 – La société d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) a estimé que l’endettement net du groupe agroalimentaire Parmalat, au centre d’un vaste scandale financier, est près de huit fois plus élevé que celui annoncé par l’ancienne direction.

PwC a conclu une première étape de son travail de « révision critique » des comptes du groupe, en collaboration avec les banques d’affaires Mediobanca (Milan: MDBI.MI – actualité) et Lazard, et a estimé à cette occasion que l’endettement net du groupe atteignait 14,300 milliards d’euros au 30 septembre 2003.

L’endettement net annoncé pour cette période par les membres de l’ancienne direction, aujourd’hui en prison, était de seulement 1,818 milliard d’euros, selon le communiqué diffusé par Parmalat.

PricewaterhouseCoopers, appelé par la nouvelle direction pour établir les comptes véritables du numéro un italien de l’agroalimentaire, a estimé parallèlement que les disponibilités financières de Parmalat étaient « négligeables ».

Dans les comptes aux neuf premiers mois de 2003, les membres de l’ancienne direction prétendaient que la trésorerie du groupe était d’un peu plus de 4 mds EUR.

Toutefois le groupe affirme lundi dans son communiqué qu’il est en mesure de payer les « fournitures courantes », qui correspondent pour ce groupe laitier en premier lieu aux livraisons de lait frais par les coopératives agricoles et les éleveurs.

Parmalat reconnaît que dans deux cas il est en situation de cessation de paiement pour ses fournitures courantes: dans son activité laitière aux Etats-Unis et pour sa filiale brésilienne.

Mais dans ces deux cas, des « équipes de crise » sont au travail pour résoudre les problèmes financiers en accord avec les banques créancières, explique encore le communiqué.

D’une manière générale, la nouvelle direction juge que « les activités productives du groupe sont en grande partie stabilisées », à savoir que le fonctionnement industriel est redevenu normal après une période de flottement dans les tous premiers jours de janvier.

Ainsi, pour le mois de janvier 2004, les ventes de lait longue conversation de Parmalat en Italie ont progressé de 13,8% face à la même période l’an passé.

Par ailleurs, PwC estime dans son audit provisoire que l’excédent brut d’exploitation et le chiffre d’affaires de Parmalat aux neuf premiers mois de 2003 sont nettement inférieurs à ceux annoncés par l’ancienne direction, toujours selon le communiqué.

L’excédent brut d’exploitation atteint 121 millions d’euros aux neuf mois de 2003 contre 651 M EUR annoncés par l’ancienne direction et le chiffre d’affaires s’élève à 4,002 milliards d’euros contre 5,376 mds EUR affichés avant, selon des résultats provisoires de l’audit de PwC.

Selon ce premier bilan apuré, provisoire, le chiffre d’affaires 2002 atteint 6,202 mds EUR (et non les 7,722 mds EUR annoncés avant) tandis que l’excédent brut d’exploitation (qui rend compte de la rentabilité de base d’un groupe) s’élève à 286 millions d’euros (et non les 931 M EUR prétendus avant).

Parmalat a été placé sous « administration contrôlé » et est officiellement en état d’insolvabilité après la découverte de multiples faux en bilans et malversations.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parmalat Canada
http://www.parmalat-ca.com/

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