Les fermiers américains s’en prennent à la Commission canadienne du blé

Winnipeg (Manitoba), 3 avril 2002 – Le différend sur le bois d’oeuvre canadien a beau faire la manchette, ces temps-ci, pour les fermiers américains, le véritable ennemi, c’est la Commission canadienne du blé (CCB).

Le gouvernement américain a entrepris une attaque sur plusieurs fronts contre les pratiques commerciales de la commission, incluant une plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Les démarches initiales ont été entreprises devant l’OMC en vertu de l’article 17, en parallèle avec des consultations bilatérales avec le Canada », a indiqué Ellen Huber, de la North Dakota Wheat Commission.

Mme Huber, accompagnée d’autres membres de la commission et de fermiers américains, ont eu des discussions mercredi avec le négociateur américain en agriculture, Allen Johnson, à Mandan, au Dakota du Nord. Celui-ci aurait assuré Mme Huber et son groupe que le gouvernement américain avait l’intention de procéder rapidement dans cette affaire.

Les fermiers américains soutiennent que la Commission canadienne du blé leur livre une concurrence déloyale, autant sur la scène domestique qu’internationale.

La plainte ainsi que des mesures potentielles de rétorsion ont été annoncées pour la première fois le 15 février, soit après que le représentant commercial américain, Robert Zoellick, ait conclu que la CCB jouissait d’un monopole injuste face aux agriculteurs américains. Des représentants de l’administration Bush sont toutefois intervenus pour empêcher l’adoption de sanctions à l’endroit du Canada.

Mais les agriculteurs américains pourraient toujours exiger l’adoption de droits compensateurs, comme ceux déjà imposés à l’industrie canadienne du bois d’oeuvre, ou d’une loi antidumping.

Selon Mme Huber, les pourparlers entre les deux pays doivent porter sur l’ouverture des marchés, et bien qu’aucune action concrète n’ait encore été prise, « les agriculteurs n’ont pas l’intention de laisser faire », dit-elle.

« Il ne fait pas de toute qu’ils ont un objectif commun, qui est de procéder à une réforme de ce marché fonctionnant en vase clos. »

Les producteurs américains veulent le même accès au marché canadien que les Canadiens ont déjà obtenu aux États-Unis.

Quant à savoir quels avantages en retireraient les agriculteurs américains, la réponse est loin d’être claire.

En 2001, les États-Unis ont été le troisième plus grand acheteur de blé de printemps canadien, avec 1,5 million de tonnes, tout juste derrière les Japonais, avec 1,6 million de tonnes, et l’Iran, avec 1,7 million.

Les pratiques commerciales de la Commission canadienne du blé, son monopole et son manque apparent de transparence ont été dénoncés autant au Canada qu’à l’étranger.

Mais une récente enquête par le vérificateur général du Canada, la première en fait portant sur cet organisme, n’a pu relever aucune faille dans ses transactions impliquant le blé et l’orge produits par les fermiers de l’ouest canadien.

Depuis 1990, la CCB a fait face à neuf plaintes commerciales de la part des agriculteurs américains. Seule la plainte logée par les agriculteurs du Dakota du Nord a été jugée fondée par le gouvernement américain.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé

http://www.cwb.ca/

North Dakota Wheat Commission

http://www.ndwheat.com/

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