Les produits laitiers ont toujours la cote mais…

Financement agricole Canada (FAC) dévoilait mardi son dernier tour d’horizon du secteur laitier canadien. Bonne nouvelle, la consommation de lait et de produits laitiers au Canada augmente et devrait encore faire de même dans les prochaines années. Mais le revers de cette nouvelle est que les produits les plus populaires sont ceux demandant des matières grasses et des solides non gras (SNG) du lait, dont l’importation a fortement augmenté en seulement cinq ans. Et la situation risque bien de demeurer la même en 2016, se traduisant par une baisse de revenus pour les producteurs.

Dans son analyse, FAC indique que le secteur laitier a généré des recettes de 6,1 G$ en 2014, une hausse de 9% en cinq ans. Bien qu’étant dans un marché mature, une augmentation de la consommation des produits laitiers est prévue au Canada dans les prochaines années. La consommation de yogourt connaîtrait une croissance de 21,6 % % entre 2015 et 2024, et celle de fromages de spécialité de 9,2%. Le beurre connaît, pour sa part, un engouement renouvelé avec des stocks qui se sont réduits encore durant le temps des fêtes en 2015.

Après avoir diminué de 3,8% de 2005 à 2014, la consommation de lait liquide devrait se raffermir et grimper de 6,8% entre 2015 et 2024, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. Si la consommation de crème glacée a décliné en dix ans (16,2%), celle du yogourt a explosé (34,2%), suivi du beurre  (11%).

Comme signalé plus tôt, la popularité de ces produits est à double tranchant puisque leur composition contient les ingrédients de moindre valeur du lait, qui sont en plus soumis aux aléas du prix du lait sur le marché mondial. Ce marché serait toujours sous pression en 2016, ce qui fait dire à FAC « que les perspectives mondiales des marchés laitiers sont plus ou moins encourageantes ».

L’organisme ajoute que « la chaîne d’approvisionnement souffre actuellement d’un surplus de SNG, attribuable à une hausse de la demande de produits laitiers avec une teneur élevée en matières grasses ». Les surplus produit au Canada s’ajoutent à l’augmentation des importations de protéines en provenance des États-Unis. En janvier 2016, les importations étaient 10,4 fois plus importantes qu’en 2011.

La situation a été corrigée en partie par la Commission canadienne du lait qui a ajusté en décembre dernier le prix de soutien de la poudre de lait écrémé et du beurre : le prix du beurre a grimpé de 5 % tandis que celui de la poudre de lait écrémé a chuté de 30 %. FAC s’attend à ce que les recettes augmentent de 2,2 % pour le lait transformé en yogourt, crème glacée, fromage et beurre. Cette hausse devrait compenser en partie la hausse des coûts de production du lait qui devraient se situer à 3,1%.

Selon FAC, les producteurs devront s’atteler à la tâche de réduire leurs coûts tout en maintenant des revenus constants, surtout que dans l’environnement actuel, les producteurs accuseraient une baisse des prix du lait. La solution pour compenser ces revenus pourrait être d’augmenter les quotas, ainsi que les journées de production utilisées.

Source: Financement agricole Canada

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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