Mieux récolter la pluie et mieux irriguer pour doubler les récoltes

Kyoto (Japon), 18 mars 2003 – En étant plus efficace dans l’irrigation et la collecte d’eau de pluie, il serait possible de multiplier par deux le rendement des récoltes, ont estimé des experts lors du Troisième Forum mondial de l’eau.

L’agriculture consomme environ 70% de l’eau fraîche sur la planète et au rythme de progression de la population mondiale et de l’expansion des mégalopoles, les ressources seront insuffisantes pour nourrir tout le monde, ont constaté les experts.

« Un fermier consomme cinq litres d’eau par jour mais il a besoin de 5.000 litres par jour pour ses cultures. L’idée n’est pas de réduire la quantité d’eau globalement consommée dans le monde mais de la stabiliser tout en l’utilisant de manière beaucoup plus efficace », a expliqué Olivier George Covers, responsable d’un programme spécial de la FAO à Rome. « L’irrigation est le seul facteur sur lequel on peut agir pour augmenter la production de nourriture », a-t-il souligné.

L’une des techniques les plus cotées lors du Forum est l’irrigation au goutte à goutte et son utilisation pour des produits de base comme les légumes à racines peut réduire de plus de la moitié la consommation d’eau et générer des rendements plus élevés, selon David Molden de l’Institut de la gestion internationale de l’eau.

Les experts estiment que 60% de l’eau d’irrigation est gaspillée en raison souvent d’un arrosage excessif. L’irrigation au goutte à goutte via des tubes en plastique très localisés est particulièrement adaptée aux cultures méditerranéennes et s’est enracinée aussi en Afrique, selon Suhas Wani de l’Institut international de recherche sur les tropiques semi-arides.

Des horticulteurs d’Erithrée sont parvenus à cultiver des fleurs avec de bons rendements et à les exporter. Au Niger, au Nigéria et au Burkina-Faso, un programme israélien à bas coût a permis de créer des pépinières dans le cadre du programme African Market Gardens.

« La demande pour ce type de stratégies est de plus en plus forte, ce qui réduit les pressions sur les gouvernements locaux pour construire des infrastructures qui puiseraient dans des rivières déjà stressées », a indiqué M. Molden.

L’irrigation au goutte à goutte n’est toutefois pas adaptée au maïs, au blé et encore moins au riz qui consomme énormément d’eau. Dans les régions les plus sèches, il est donc nécessaire de développer la collecte d’eau de pluie.

Selon M. Molden, « à l’avenir, la moitié des cultures pousseront grâce à l’eau de pluie collectée ». C’est déjà le cas pour 97% de l’agriculture en Afrique, selon Johan Rockstrom de Waternet.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

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