Projet de conservation de la rivière Du Sud

Longueuil (Québec), 23 septembre 2004 – « La terre est fragile et précieuse. Qu’on la cultive pour se nourrir ou qu’on la conserve comme habitat naturel, nous devons tout mettre en oeuvre pour la préserver dans son intégrité afin d’assurer aux générations futures une campagne riche et diversifiée, capable de concilier tous les usages : agricole, environnemental et économique. L’annonce faite aujourd’hui s’inscrit en droite ligne avec cette préoccupation de cohabitation et de conciliation des divers intérêts. »

C’est en ces termes que M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), a salué l’initiative de Canard illimités Canada et la contribution du monde agricole dans la réalisation de ce projet remarquable de conservation de la Rivière du Sud en Montérégie. Près de 1 000 hectares de terres agricoles, constituées essentiellement de marécages d’une très grande biodiversité, impropices à la culture, ont été cédés à Canard illimités par plus d’une quarantaine d’agriculteurs afin de permettre la préservation d’un territoire naturel exceptionnel abritant une variété considérable de plantes, d’oiseaux, de reptiles et de poissons.

Pour le président de l’UPA, il y a un parallèle évident entre les milieux humides et les terres agricoles. Les terres humides représentent moins de 10 % du territoire québécois alors que les terres agricoles en comptent 2 %. Toutes deux occupent des fonctions multiples et essentielles. Les premières, reconnues pour leur valeur écologique, sont indispensables à la survie de centaines d’espèces animales et végétales. L’agriculture, quant à elle, joue un rôle déterminant dans la vie des communautés rurales. Au-delà de la production des aliments, elle participe au développement économique, social et culturel des régions, tout en préservant les traditions et en assurant l’entretien du paysage.

Tout comme les milieux humides, les terres agricoles sont concentrées principalement aux abords du Saint-Laurent et toutes deux subissent les pressions de plus en plus fortes, particulièrement du milieu périurbain. « Mais par-dessus tout, c’est la fragilité de ces deux milieux qui les rapprochent autant, d’insister M. Pellerin. Force est de constater que lorsqu’elles sont bétonnées ou asphaltées, les terres perdent à jamais leur vocation agricole ou écologique. C’est pourquoi des projets comme ceux-ci sont si importants et qu’il faut les multiplier. »

Les producteurs et productrices agricoles sont sensibles à ces questions et sont tout à fait disposés à adopter des pratiques qui favorisent la conservation du patrimoine territorial, dans une approche de cohabitation, comme en témoigne la stratégie agroenvironnementale qu’ils ont mise sur pied il y a plus de dix ans.

« De nombreux gestes ont déjà été posés par le monde agricole. La mise en place de bandes riveraines, de haies brise-vent et de fosses à purin étanches, la réduction des engrais et des pesticides, pour ne citer que ceux-là, sont autant d’exemples illustrant le virage environnemental adopté par les agriculteurs québécois. Le projet de conservation de la Rivière du Sud s’inscrit parfaitement dans cette logique et en continuité avec notre orientation de conciliation des divers usages du territoire », de conclure le président de l’UPA.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Canards Illimités
http://www.ducks.ca/index.html

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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